La campagne électorale devient ordurière…
La campagne pour les élections locales et régionales touche à sa fin, et les joutes se font encore plus personnelles, plus rudes. On s’éloigne de plus en plus des problèmes de logements, de voiries, de plans d’aménagement et de « rayonnement » des villes et régions marocaines, et on s’attaque de plus en plus aux personnes. Ce sont les deux partis « leaders » de la scène politique qui en sont venus ainsi aux insultes et accusations… face à la totale indifférence des parquets du royaume.
« La situation de Fès s’est détériorée », a lancé lundi 31 août Abdelilah Benkirane à ses ouailles réunies au grand stade de la capitale spirituelle du Maroc, le fief de Chabat… « Et c’est ainsi parce que ce Monsieur ne s’occupe plus de Fès mais de sa poche, de ses comptes et de son argent ».
Un jour avant, à Agadir, le même Benkirane avait évoqué « cet argent accumulé avec la poudre et cette fameuse plante », ce qui lui vaudra très certainement une plainte en justice initiée par l’avocat et candidat PAM Abdellatif Wahbi. Celui-ci a affirmé que « M. Benkirane devra présenter les moyens de preuves en appui à ces accusations ».
Pour sa part, Mustapha Bakkoury, secrétaire général du PAM, a fait une déclaration très curieuse lors de son meeting de Casablanca, dimanche 30 août, laissant entendre que Benkirane possédait des avoirs non déclarés, alors que lui, Bakkoury, dispose de biens et d’avoirs en banque.
Benkirane s’en prend alors à Bakkoury en s’interrogeant : « Comment un directeur de banque devient du jour au lendemain leader politique qui vient nous donner des leçons ? Du jour au lendemain, tu veux diriger le pays ? T’es-tu déjà soumis au verdict des urnes ? As-tu déjà tenu des réunions sur des dizaines d’heures ? »…
Mais au-delà des attaques personnelles, ces accusations qui se sont croisées entre Benkirane, Chabat et les autres auraient dû attirer la curiosité des parquets du pays, avec la certitude d’une condamnation, soit pour délinquance soit pour diffamation.
En l’absence de cela, et vu les débats, vidéos, joutes et insultes mutuelles qui meublent le web, c’est le taux de participation qui pourrait en pâtir. Des vidéos circulent sur des candidats indélicats, comme celle, imputée à un PAMiste, qui donne de l’argent à des femmes dans une maison, ou encore cette autre où des candidats PJD dénoncent des violences de leurs adversaires Istiqlal ou PAM…
A côté de ces deux partis, les candidats des autres formations donnent l’impression de chuchoter, faisant de grands moulinets avec leurs petites mains pour exister face aux mastodontes de la rhétorique et du populisme. Des surprises seraient à attendre le soir du 4 septembre…