Eric Laurent affirme que les enregistrements qui l’accablent ont été « modifiés »
Il y a, quand même, quelque chose de pathétique à voir Eric Laurent se défendre face à la grave et lourde accusation de chantage et extorsion de fonds qui pèse sur lui, en France. A l’entendre, il est le journaliste vertueux, absolument pas vénal, qui allait sortir quelque chose d’apocalyptique (le mot est de sa co-auteure Catherine Graciet) sur le Maroc, le palais royal, la monarchie. Et il est aussi, toujours selon lui, la victime des turpitudes des services marocains qui auraient trafiqué les enregistrements qui le confondent.
Ainsi donc, « la police française a demandé à son laboratoire central technique de procéder à une analyse technique du fichier (d’enregistrement audio) afin d’établir la présence d’une quelconque altération ou modification »… L’ingénieur du labo a confirmé sous réserve d’autres examens que le premier ficher audio peut avoir été modifié avec des moyens techniques élaborés »… Que de conditions…Oui, mais l’argent est là et Eric Laurent l’a accepté, ce qui conduit la journaliste à demander à son invité « s’il est un journaliste qu’on peut acheter »…
Eric Laurent affirme que les policiers français, lors de sa garde à vue, lui ont dit qu’il y avait « des marionnettistes qui tirent les ficelles ». mais il n’ose aller plus loin, conscient de la gravité de son propos. « Non, la France n’a pas manipulé la justice mais elle a fait un cadeau au roi du Maroc ». Donc elle a manipulé la justice… Les trois magistrats instructeurs et la police judiciaire apprécieront.
Alors, et c’est ce qui est pathétique, il incrimine sa co-auteure Graciet qui, pourtant, a affirmé que c’était lui qui était en pointe dans la négociation ; il accuse police et justice de son pays d’être manipulées ; il dit du Seuil qui a rompu son contrat avec lui « bon débarras » ; il dit n’avoir de leçons à recevoir de personne… C’est un peu comme cet enfant pris la main dans le sac de bonbons et qui crie « je n’ai rien fait », alors que ses mains sont pleines de bonbons ; mais un enfant, on le comprend, il est non responsable, alors que Laurent est, lui, irresponsable.