Le PJD et le PAM grands vainqueurs des élections locales et régionales
Les résultats ne sont pas définitifs, mais on sait d'ores et déjà que le PJD et le PAM sont les vainqueurs des élections du 4 septembre au Maroc. Il reste à définir l'ampleur de leur victoire, dans les villes et les campagnes, et l'écart avec leurs adversaires. Mais les premières indications montrent une victoire du PAM en milieux ruraux et du PJD dans les villes, avec les autres partis loin derrière.
Taux de participation
En milieu de soirée, les uns et les autres commençaient à s'accorder sur le verdict des urnes. Le ministre de l'Intérieur Mohamed Hassad a donné le taux de participation en fin de soirée : 52,36%, alors même qu'en fin de journée, les indicateurs ne montraient pas une forte progression par rapport à 17h où elle était de 36,5%. En 2009, la participation était de 52%. Un très léger mieux, mais pas grand-chose. Pour une campagne menée largement sur les réseaux, on ne peut dire que la mobilisation ait été très importante, ni très réussie.
Les résultats après dépouillement de 80% des urnes
Mohamed Hassad a donné ses premiers résultats, et il en ressort qu'en termes de voix et de sièges, le PAM reste la première force politique du pays, suivi du PJD. Ces résultats correspondent au dépouillement de 80% des voix, pour 24.386 élus sur un total de 31.503. Les résultats définitifs devraient être connus en fin de matinée de samedi.
1/ PAM : 5.064 sièges obtenus, 20,77%,
2/ PJD : 4.187 élu, 17,17%,
3/ Istiqlal : 3.924, 16.09%,
4/ RNI : 3.343, 13,71%,
5/ MP : 2.347, 9;62%
6/ USFP : 2008, 8,23 %
7/ PPS : 1.312, 5,38 %
8/ UC : 1.124, 4,61%
Il faudra attendre aujourd'hui samedi pour connaître les résultats définitifs, mais le ministre de l'Intérieur a annoncé vers 1h la grande tendance, qui devrait se confirmer :
Les dirigeants du PJD ont exprimé leur totale satisfaction suite à cette élection durant laquelle ils se seront hissés à la seconde place, après avoir été à la 6ème en2009. Le PAM affiche sa grande joie aussi, "d'être la première force politique du pays".
Mais il faudra affiner les résultats pour connaître la véritable ampleur de la victoire des deux adversaires.
Hamid Chabat battu à Fès, Khadija Rouissi élue à Rabat
Puis, dans les villes, les bureaux ont remis leurs résultats. Il est difficile de connaître le scores définitifs des uns et des autres puisqu'il s'agissait de deux élections en une et d'un décompte particulier. Mais ce qui est sûr est qu'à Fès, Hamid Chabat a été battu, et devra donc quitter la présidence du conseil de la ville après 10 ans passés à sa tête. Le grand vainqueur à Fès est le ministre du Budget Driss Azami.
A Rabat, la liste PAM Hakim Benchamass et Khadija Rouissi a été largement élue. On attend les résultats définitifs pour savoir combien de leurs colisitiers les accompagneront dans le conseil régional et s'ils pourront en gagner la présidence.
Analyse première des résultats
Le PAM a remporté sa victoire, semblerait-il d'après les premiers commentaires, dans les campagnes et les petites agglomérations, où il a su mieux s'implanter. Le PJD, quant à lui, est presqu'assuré de gagner l'ensemble des grandes villes du pays, ce qui signifie qu'il a obtenu la confiance des classes moyennes urbaines qui lui ont, comme l'a déclaré Abdelilah Benkirane, "renouvelé leur confiance";
L'opposition s'oppose, la majorité absente
Les dirigeants de l'opposition se sont réunis en conclave, alors même que Chabat sait déjà sa défaite et que Bakkoury mesurait sa victoire. Ils ont tous contesté la régularité de l'élection, vainqueurs et vaincus confondus.
Il est vrai que la commission électorale n'a pas été très claire sur le sort de plusieurs centaines de milliers d'inscriptions sur les listes électorales, de sorte que personne ne peut véritablement dire à combien se monte le corps électoral du pays. Cela ouvre un boulevard à Chabat et à ses alliés de l'opposition pour contester ce qu'ils veulent, jusques-y compris Bakkoury, pourtant premier en nombre de voix.
Quant à la majorité, elle est de son côté en ordre dispersé, avec un PJD triomphant, un RNI morose, un MP qui panse ses plaies et un PPS loin derrière. Il n'y a donc pas encore eu de réunion de la majorité gouvernementale, mais cela ne saurait tarder pour préparer la constitution des bureaux.