Le poids de l’image, la force de l’action
Une admirable initiative que celle prise par de nombreux jeunes et artistes marocains. Lundi 7 septembre, tous ces gens ont revêtu un t-shirt rouge et un short bleu, puis se sont étendus un quart d’heure sur la plage des Oudayas à Rabat, pour symboliser la tragique mort du petit Aylan Shenu (appelé Kurdi), rejeté par la mer sur une plage de Bodrum, au sud-ouest de la Turquie.
Parmi ces artistes, Latefa Ahrare, Halima Alaoui, Wassila Sabhi, Saïda Fikri et bien d’autres encore, qui ont voulu frapper les esprits par l’image, dans un acte hautement humaniste et humanitaire. Latefa Ahrare a affirmé que « la Méditerranée a de tous temps été un carrefour des civilisations, et elle doit le rester », et le dramaturge Mohamed el Horr a ajouté que « cette tragédie n’est pas loin de nous, nos enfants y seraient tous exposés si nous nous taisons ».
Le petit Aylan avait embarqué la semaine dernière avec sa famille dans une embarcation, pour passer en Europe puis, plus tard, aller au Canada où réside sa tante. Le bateau avait chaviré et le père n’a pu sauver ses deux enfants et sa femme. La photo du petit corps bercé par les vagues de la Méditerranée avait fait le tour du monde et interpellé les consciences.
C’est donc dans un pays situé à l’autre extrémité du bassin méditerranéen, le Maroc, que cette action a eu lieu, dans l’espoir et la perspective de transmettre un message fort au monde et d’attirer encore plus l’attention sur le drame que vivent les Syriens, chassés de leur pays par une guerre civile meurtrière.