Le futur maire de Marrakech est Mohamed Larbi Belcaïd. Portrait.
La ville de Marrakech passera des mains du PAM à celles du PJD, en la personne de Mohamed Larbi Belcaïd. Régulièrement élu à la commune de Menara Guéliz depuis 2003, il est aussi parlementaire à la Chambre des représentants. Selon des informations concordantes, il est le seul à avoir déposé son dossier de candidature au poste de président du Conseil de la Ville. Qui est donc le futur maire de Marrakech ?
Mohamed Larbi Belcaïd est enseignant de mathématique avant de devenir inspecteur du Plan au sein du ministère de l’Education nationale. Vivant dans le quartier populaire de Mhamid, il s’y est toujours présenté, depuis 1997, où il avait été défait par le candidat de l’Istiqlal.
En 2003, il avait été membre du conseil communal, et il y a été reconduit en 2009, ce qui est une gageure, quand on connaît l’humeur très exigeante et volatile population de la ville ocre. Il avait été membre du Bureau, avant d’en être radié par la majorité PAM qui n’avait pas hésité à convoquer une session extraordinaire du Conseil à cet effet. « C’est sur insistance de Hamid Narjiss (précédemment cheville ouvrière du PAM, oncle maternel de Fouad Ali el Himma, conseiller du roi, et actuellement en déshérence politique, NDLR) que le Conseil avait fait cela… », explique un conseiller sortant de la Vile.
Mohamed Larbi Belcaïd est l’une des chevilles ouvrières du Mouvement Unicité et réforme, et du PJD, à Marrakech ; c’est lui qui avait été à l’origine de leur implantation à Marrakech. Il est aussi un ami personnel du chef du gouvernement et du PJD Abdelilah Benkirane qui a appuyé sa candidature à la mairie.
Selon plusieurs personnes qui le connaissent et qui l’ont pratiqué de près, Belcaïd est un homme plutôt silencieux, qui écoute bien plus qu’il ne parle. Profondément honnête, il reste toutefois, malgré son attachement au MUR, un homme ouvert. Un hôtelier de Marrakech, qui a requis l’anonymat, a affirmé que les inquiétudes que nourrissent les uns et les autres à l’idée que Belcaïd accède à la mairie de la Ville sont exagérées. « Belcaïd est un homme qui a ses convictions, mais qui sait faire la part des choses en politique », affirme-t-il, avant d’ajouter, un rien espiègle « il n’a pas besoin d’aller dans les lieux ‘chauds’ de la ville pour être un bon gestionnaire. La ville de Marrakech pourrait gagner avec cet homm, qui dispose d’une majorité claire avec laquelle il pourra diriger la mairie ».
Joint par PanoraPost, le vice-président de la Confédération nationale du Tourisme Fouzi Zemrani est confiant, « je pense que quelqu’un d’intelligent va compter sur les secteurs productifs de la ville et de la profession touristique pour trouver les solutions aux problématiques de la ville. Marrakech est une destination touristique et quiconque n’a pas compris cela ira droit dans le mur. Au niveau national, et pour la Confédération, nous avons travaillé avec le gouvernement, nous avons eu des discussions avec son chef et nous avons trouvé des gens compréhensifs et conscients de l’importance du tourisme ».
A Marrakech, le PJD va en outre présider les 5 arrondissements suite à des alliances contractées avec plusieurs partis, dont l’Istiqlal. C’est cette offensive agressive qui a finalement conduit le RNI, dont le chef local Abdelaziz Banine lorgnait la mairie, à rallier le PJD, lequel aura donc la haute main sur les affaires de la ville pendant les six prochaines années.