Les étudiants en médecine augmentent la pression sur le ministre de la Santé
On le sait, les étudiants en médecine marocains ne voient pas d’un bon œil les décisions que prend le ministre de la Santé à leur égard. Ils contestent l’instauration du service médical obligatoire (SMO) de deux ans (projet de loi 28-15), ainsi que le montant de l’indemnité – il est vrai dérisoire – que leur propose l’Etat pour leurs gardes. Les étudiants ont donc manifesté un peu partout sur le territoire national, vendredi 11 septembre.
En dépit de la comptabilisation de la durée du SMO de deux années au double, les étudiants refusent cette disposition car ils estiment qu’elle ne résoudra pas le problème de la carence dans les hôpitaux publics, en plus du fait qu’ils accusent le ministre Houssaïne el Ouardi de vouloir combler des postes par des étudiants, et donc à moindre coût.
Le ministère a beau certifier que ces étudiants, en fait des médecins diplômés, seront payés comme leurs collègues de la fonction publique, la crise ne trouve pas de solution, conduisant les futurs médecins à menacer d’une année blanche.
A Casablanca, les étudiants ont sillonné les rues aux alentours de la faculté de médecine, vendant aux passants des bouteilles d’eau et des mouchoirs en papier ; le geste se veut symbolique, pour démontrer que les 110 DH versés aux étudiants en échange de leur grade peuvent être gagnés en un ou deux jours, sans n’avoir besoin de passer 7 ans d’études et les concours obligatoires.
Houssaïne el Ouardi a donc proposé son projet à discussion, se disant prêt à engager le dialogue avec les étudiants, sachant que ledit projet sera soumis en Conseil de gouvernement dans les 15 jours. Le ministre, avant d’entrer au gouvernement, était professeur de médecine à Casablanca, et agit comme tel… « Dans cette affaire, M. El Ouardi réagit avec la fermeté d’un professeur à l’égard de ses étudiants, et non avec la souplesse que doit avoir un ministre avec des étudiants très méritants ayant subi 7 ou 8 années d’études difficiles », nous a confié un responsable au ministère, qui a demandé à ne pas être cité. Ambiance…
Le bras de fer continue donc, dans une crispation des deux parties, les étudiants refusant le dialogue et menaçant d’aller plus loin, et le ministre bien campé sur ses positions, affirmant être ouvert à la discussion tout en refusant ce qu’il considère être un chantage.