Que se passe-t-il au RNI de Casablanca ?
Beaucoup de choses, apparemment… Le RNI, parti d’appoint qui fait et défait les majorités depuis le début des années 80, semble cette année avoir gagné en maturité en privilégiant le bloc gouvernemental auquel il appartient. Mais les réflexes sont tenaces et surtout on ne prête qu’aux riches… On a donc imputé au RNI la responsabilité d’un éclatement de la majorité puis, aujourd’hui, des rumeurs ont circulé sur le limogeage du coordinateur de Casablanca, qui aurait appelé à voter PJD. Tout cela est faux.
Joint par téléphone, l’un des principaux dirigeants du RNI, proche du président Salaheddine Mezouar, dément catégoriquement et formellement toute révocation de Mohamed Bentaleb, responsable régional du RNI à Casablanca. « C’est le président qui se prononce sur ce genre de décisions, et personne d’autre. D’ailleurs il fera paraître un communiqué en ce sens aujourd’hui même », dit notre interlocuteur.
Et, de fait, le communiqué est tombé : « Suite aux rumeurs colportées ici et là, et surtout concernant le RNI et la révocation du coordinateur du parti à Casablanca, j’affirme que je n’ai pris aucune décision allant dans ce sens et je rappelle que je suis le seul habilité à parler au nom du parti ». Signé Salaheddine Mezouar. Voilà qui a le mérite d’être clair.
Cela étant, la rumeur du limogeage de Bentaleb a été évoquée par des confrères en ligne qui ont même été jusqu’à dire que l’intéressé a confirmé son éloignement. Joint par nous, Bentaleb a à son tour démenti toute information sur son renvoi, se contentant d’affirmer que « pour des raisons de santé, (il) met un terme à son activité politique ». Un de ses proches nous a expliqué que depuis le premier jour, Bentaleb était contre la candidature de Belkhayat au nom du RNI, une candidature que
d’autres voient comme une cinquième colonne du PAM à l’intérieur du RNI. La raison en est que le parti de Mezouar agit de plus en plus comme un parti sérieux et respectueux de ses engagements avec ses alliés gouvernementaux et de moins en moins comme un faire-part du « haut-lieu », ce qu’il a, il est vrai, très souvent été.
Selon d’autres renseignements pris auprès d’autres responsables du RNI, il semblerait que Moncef Belkhayat ait réuni les 23 élus du RNI à Casablanca pour conduire les 6 d’entre eux élus en région à voter en faveur du PAM. Il semblerait qu’il y ait unanimité de nos sources pour dire que Belkhayat travaillera pour et avec le PAM à Casablanca et qu’il refusera de voter pour le candidat de la majorité, le PJD Haikar, même si sa direction du parti le décidait.
Enfin, dans ce jeu de rumeurs et contre-rumeurs, le nom de Ouadie Benabdallah a été avancé comme successeur de Bentaleb. Joint par PanoraPost, l’intéressé dit ne pas être au courant de cela et qu’en l’absence d’une décision officielle et écrite, rien de tout ce qui se dit n’est…
Cela étant, le vote pour le PAM Mustapha Bakkoury a scindé le RNI en deux, 4 sur les 6 ayant voté PJD, respectant la logique d'alliance, et 2 (Moncef Belkhayat et sa colistière) ont voté PAM. "Il est inadmissibile que le président de la Région soit un professeur en théologie", avait dit Belkhayat aux élus RNI pour les convaincre, avant de répéter la même phrase à nos confrères de Médias24 (HaiKar n'est pas professeur de théologie, mais de physique, NDLR). Selon un élu présent lors de la réunion des élus de Région RNI avec Belkhayat, celui-ci leur aurait dit que le RNI quitterait le bateau gouvernemental dans les prochaines semaines... démenti formel et énervé du siège central du parti.
Aziz Boucetta