A l’Istiqlal, désormais, c’est un pas en avant, et une fuite précipitée vers l’arrière

A l’Istiqlal, désormais, c’est un pas en avant, et une fuite précipitée vers l’arrière

Il semblerait qu’au parti de l’Istiqlal, la direction devient fébrile et les décisions très volatiles. La raison  se trouve dans la situation peu enviable du secrétaire général Hamid Chabat qui ne sait plus où donner de la tête. Sévèrement corrigé par les électeurs à Fès, chahuté par une grande partie de son parti et désavoué par sa propre direction, il tente désespérément de trouver la voie juste pour se maintenir ou du moins pour ne pas s’effondrer trop lourdement.

Ainsi, tard dans la soirée du dimanche au lundi, jour de l’élection des présidents de régions, il a convoqué un comité exécutif en urgence pour décider de, 1/, retirer sa candidature à la présidence de la Région Fès-Meknès, dans laquelle il voyait une compensation pour la perte de son « bastion » de Fès , 2/, demander aux grands électeurs Istiqlal de voter contre le PAM qu’il soupçonne de lui livrer une guerre sans merci et, enfin, 3/, de renoncer à l’opposition pour renouer avec cette chose typiquement istiqlalienne consistant à apporter son « soutien critique au gouvernement ». Mais les événements ne se sont pas déroulés come prévu par le secrétaire général.

Lundi 14 septembre, en effet, le retrait de la candidature  à Fès-Meknès s’est retourné contre l’intéressé, tout le monde y voyant une reddition en rase campagne. Les électeurs Istiqlal ont copieusement voté pour le PAM et le « soutien critique » est apparu comme la gesticulation politique d’un homme aux abois.

Alors Hamid Chabat a fait donner de la voix par sa porte-parole provisoire, Kenza el Ghali. Qu’a dit cette dame ? Que la décision de voter contre le PAM était contraignante pour les membres de l’Istiqlal et que tout le monde devait s‘y conformer. Quant à imputer cette décision à Chabat, c’est aller un peu vite en besogne, affirme-t-elle, car il s’agit en fait de propositions de membres du CE, qui devront être entérinées par le « parlement » du parti, en l’occurrence le Conseil national. Ce ne sont donc pas des décisions, mais des recommandations. On a vu comment et à quel point ces décisions/recommandations ont été suivies dans les conseils des régions…

Pourquoi Chabat a-t-il retiré sa candidature ? C’est la faute à l’USFP, selon la porte-parole, qui a affirmé que les socialistes ont rompu l’engagement de soutenir les partis de l’opposition et qu’ils se sont jetés dans les bras du MP. Mais ce que Mme el Ghali omet de dire est que la logique de bloc a primé, que l’opposition alignait 31 élus et la majorité 38. Aussi, avec les voix de l’USFP, le candidat MP Mohand Laenser a été élu par 43 voix, mais même si l’USFP avait voté contre lui, il serait quand même passé.

Enfin, pour le soutien critique, la porte-parole de l’Istiqlal affirme qu’il s’agit là d’une décision politique qui ne saurait être entérinée que par l’accord de l’ensemble des membres du CE de l’Istiqlal, lequel doit se réunir « lundi ou mardi ». On appréciera la précision…

Selon plusieurs analystes politiques, l’idée qui revient en général et qui s’installe peu à peu mais de plus en plus vite est que Chabat paie le prix de son retrait précipité et irréfléchi du gouvernement et aussi celui de ses sorties impétueuses contre Benkirane, le PJD et l’ensemble de ceux qui ne partagent pas ses avis. Chabat a joué, mais il apparaît qu’il a perdu, sauf que cette défaite n’en est qu’à ses débuts. La descente aux enfers sera d’abord politique, avant de devenir, sans doute, judiciaire, quand les dossiers de sa gestion de la ville de Fès commenceront à sortir.

AAB



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