Elections des conseils communaux, la magie des chiffres
On le sait, les chiffres, on leur fait dire ce qu’on veut… En effet, après l’élection des présidents des conseils communaux et des conseils des villes, qui ont porté sur 1.435 collectivités, le ministère de l’Intérieur a communiqué les résultats définitifs, par partis. Mais, surprise, la magie des chiffres a encore frappé. Le vainqueur n’est pas celui que l’on pense.
Ainsi, sur les 1.435 communes (sur un total de 1.503), les présidences ont été réparties comme suit sur les partis :
1/ le PAM, 345 communes, soit 24,04% ;
2/ l’Istiqlal, 220 communes, soit 15,33% ;
3/ le RNI, 219 communes, soit 15,26% ;
4/ le PJD, 168 communes, soit 11,71% ;
5/ le MP, 151 communes, soit 10,52% ;
6/ l’USFP, 140 communes, soit 9,76% ;
7/ Le PPS, 74 communes, soit 5,16% ;
8/ l’UC, 58 communes, soit 4,04% ;
9/ le MDS, 18 communes, soit 1,25% ;
10/ 12 partis et les « sans appartenance politique » (SAP) se partagent les 42 communes restantes.
C’est donc le PAM qui, en principe et en chiffres bruts, prend la tête des élections communales, avec plus du double de présidences que son concurrent le PJD, soit 345 contre 168.
Mais, à y voir de plus près, on constate que les chiffres ne signifient pas grand-chose. Le ministère de l’Intérieur a alors affiné sa communication, en distrayant les villes de plus de 100.000 habitants sur les 1.435 qui ont élu leurs conseils. Et là, les choses changent et on prend la mesure du véritable vainqueur des élections communales. Les résultats concernent 35 agglomérations sur 36 :
1/ le PJD, 19 conseils soit 54% ;
2/ le MP, 6 conseils, soit 17% ;
3/ le PAM, 4 conseils soit 11% ;
4/ l’Istiqlal, 2 conseils, soit 6% ;
5/ le RNI, l’UC et l’USFP et un SAP ont obtenu la présidence d’un conseil pour chacun, soit 3%.
Et là, comme on le constate, le PJD vient loin devant, avec près de 5 fois plus de présidences que le PAM, et toutes les grandes villes du pays, Casablanca, Rabat, Marrakech, Fès, Meknès, Tanger, Agadir, Kenitra, Salé, Mohammedia, Tétouan… Et dans ces grandes villes, le plupart ont connu un véritable raz-de-marée du PJD avec des majorités absolues.