France-Maroc, la brouille est définitivement derrière, le TGV et bien d’autres choses sont résolument devant
François Hollande est dans nos murs depuis samedi 19 septembre. Il effectue une visite d’amitié, et de travail, une des nombreuses déclinaisons des visites de chefs d’Etat. A mi-chemin entre une visite d’amitié et une visite officielle. Il a été reçu par le roi Mohammed VI à Tanger, une ville d’avenir où beaucoup de choses se passent, dont le TGV et le grand port de Tanger-Med.
Une délégation à forte connotation marocaine
Outre Laurent Fabius et Ségolène Royal, deux ministres d’origine marocaine sont du voyage : Najat Vallaud-Belkacem (Education) et Myriam el Khomri (Emploi). N’ayant pas grand-chose à faire lors de ce déplacement, leur présence semble uniquement destinée à faire plaisir au roi, comme celle de Tahar Ben Jelloun et de Djamel Debbouze d’ailleurs.
Activités
Aussitôt après son arrivée sur le sol marocain, François Hollande a eu droit au protocole d’usage, et aux plaisanteries du chef du gouvernement Abdelilah Benkirane, avant d’avoir un entretien en tête-à-tête avec Mohammed VI.
Formation d’imams. Les deux chefs d’Etat ont ensuite présidé la cérémonie de signature d’une convention pour la formation d’imams français à l’institut Mohammed VI. C’est donc une cinquantaine d’imams français qui viendront recevoir chaque année une formation religieuse, l’islam marocain étant connu pour sa modération, et les imams formés pourront alors dispenser cet islam, mâtiné des valeurs de laïcité en Franc. « C'est quelque chose de souple qui, dans le respect de la laïcité, va nous aider à développer une pratique de la religion musulmane qui soit modérée, très éloignée de tout ce qui est extrémisme et terrorisme », s'est félicité le ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius qui a signé la convention avec Ahmed Taoufiq, ministre des Affaires islamiques.
Centre de maintenance du TGV. Par la suite, François Hollande et Mohammed VI ont inauguré le centre de maintenance des rames de la ligne à grande vitesse Tanger-Casablanca dont l'entrée en service est prévue en 2017-2018. La première rame du TGV marocain a été livrée par le groupe français Alstom en juin. Le centre de maintenance est une plateforme intelligente et importante à même de jeter les bases d'une nouvelle industrie ferroviaire au Maroc. « Ce type de plateformes permettra de garantir un service de qualité et non interrompu et d'attirer davantage des investissements nationaux et étrangers dans le domaine ferroviaire », a déclaré le ministre de l’Equipement et du Transport Aziz Rabbah.
Rencontres avec le gouvernement et le parlement. Le président français a ensuite rencontré les trois autres plus hauts personnages de l’Etat marocain : le chef du gouvernement avec lequel il a évoqué les crises régionales et la situation en Syrie, sachant que la France a décidé de s’impliquer davantage sur le théâtre d’opérations syrien et que François Hollande a eu des entretiens récemment à ce sujet avec le roi Abdallah de Jordanie. Quelque chose se prépare dans cette région… Puis ensuite, il a reçu les présidents des deux chambres parlementaires, Rachid Talbi Alami et Mohamed Cheikh Biadillah. Mais rien d’important, apparemment…
L’environnement. Un volet du voyage du président français sera consacré au climat, l'un « des grands enjeux actuels » a rappelé Hollande, qui va signer avec Mohammed VI un « appel de Tanger » en vue de « réussir » la Conférence de Paris en décembre (COP 21). Le Maroc, qui doit organiser la COP22 en 2016 à Marrakech, fait figure de bon élève dans ce domaine. Il est le premier pays du Maghreb à avoir remis sa contribution pour la Conférence de Paris, avec l'objectif de passer à 42% d'énergies renouvelables d'ici à 2020 et de réduire de 32% ses émissions de gaz à effet de serre d'ici à 2030 par rapport à 2010.
Polémique. Décorera, décorera pas ? Il s’agit de la promotion du DG de la police marocaine Abdellatif Hammouchi au grade d’officier de la Légion d’honneur. Plusieurs fois annoncée et autant de fois reportée, cette distinction a encore été prévue, avant d‘être encore une fois reportée. La pression d’ONG est trop forte sur le président français dans son pays, mais cela est sans importance. La coopération sécuritaire est au beau fixe, et les services collaborent pleinement.
People
Le roi a tenu à accueillir le président à Tanger, « sa ville préférée » qui fait l’objet d’une attention toute particulière de sa part. Samedi soir, selon plusieurs médias, le roi s’est rendu au volant de sa voiture à la résidence de son hôte et, sans autre forme de protocole, l’a invité à prendre place à côté de lui pour faire « un tour de ville nocturne ». Mohammed VI est coutumier de ce genre de virées, seul, avec son épouse Lalla Salma ou avec un ami. Cette fois, l’ami en question est François Hollande, qui aura pu prendre la mesure de la sécurité qui règne dans le pays et voir de ses yeux, sans protocole pesant, une ville animée et active. C’est le genre d’action qui scelle une relation en créant des liens. Causer en toute amitié en faisant un tour en voiture, même des chefs d’Etat peuvent faire ça… même si cela doit donner des cheveux blancs à leurs services de sécurité.