Neuf partis s’apprêtent à envoyer leurs dirigeants à Stockholm, atouts et faiblesses

Neuf partis s’apprêtent à envoyer leurs dirigeants à Stockholm, atouts et faiblesses

Le Maroc tient à son offensive diplomatique parlementaire pour contrer la volonté de la Suède de reconnaître le Polisario et son autoproclamée république. Les dirigeants du PAM, PJD, Istiqlal, USFP, UC, RNI, MP, PPS et PSU se préparent à dépêcher leurs dirigeants, secrétaires généraux ou autres, à Stockholm pour faire entendre raison à un gouvernement socialiste (alliés aux Verts) sur le point de franchir la ligne rouge consistant à reconnaître les séparatistes.

C’est ce qui est ressorti de la réunion (le 28 septembre( du chef du gouvernement qui avait réuni les dirigeants de parti, puis ensuite les leaders syndicaux, pour les sensibiliser sur la question et les mobiliser pour la défense de la cause nationale qu’est le Sahara. La mission ne semble pas aisée de prime abord, l’actuelle majorité du parlement de ce royaume scandinave ayant depuis longtemps, et même quand elle était encore dans l’opposition, œuvré à reconnaître la république de Mohamed Abdelaziz.

Il faut dire que la Suède, lointain pays scandinave en principe étranger au conflit entre Maroc et Algérie, parce que c’est de cela qu’il s’agit en réalité, a affiché depuis plusieurs années une attitude hostile à Rabat. En effet, elle a voté contre l’Accord de pêche Maroc-UE, et aussi contre l’accord de libre-échange agricole ; elle a aussi « milité » pour l’élargissement de la mission de l’ONU au Sahara pour intégrer les questions de droits de l’Homme.

Les atouts du Maroc

L’actuel premier ministre suédois, le social-démocrate Kjell Stefan Löfven, ne doit sa fonction qu’à l’usure du pouvoir de son prédécesseur le « Modéré » Fredrik Reinfeldtet à une lassitude de l’électorat face à ce gouvernement  qui a dirigé le pays 8 ans durant. Arrivé presque par hasard à la tête des Sociaux-démocrates, il a remporté les législatives de 2014 par défaut, avant de former un gouvernement minoritaire avec les Verts. Son succès mondial depuis la reconnaissance de l’Etat de Palestine lui a donné des ailes, mais il se sait fragilisé car il est considéré comme le premier ministre le plus mal élu de son pays depuis la seconde guerre mondiale. Les Marocains, affichant un système politique fort et légitime, pourront avoir un certain avantage morale face à un exécutif suédois peu solide.

Le Maroc pourrait par ailleurs faire valoir que ces 15 dernières années, une cinquantaine de pays ont retiré leur reconnaissance de la république sahraouie et que Stockholm gagnerait à s’inscrire dans cette tendance.

De plus, le Maroc, s’il n’est pas encore émergent, a de solides atouts économiques à faire valoir, bien que le blocage de l’ouverture d’Ikea, décidée lundi 28 septembre, ne fût pas très inspirée. Les chefs de partis, pourront montrer aux Suédois où se trouve leur intérêt économique, et leur suggérer qu’ils retireraient des avantages à jouer le numéro gagnant au Maghreb, en l’occurrence le Maroc et non l’Algérie qui soutient le Polisario.

Enfin, les Marocains pourront faire état de ce rapport de l’OLAF (office anti-fraude de l’UE) qui épingle les dirigeants algériens et sahraouis, les accusant de détournements massifs des aides humanitaires accordés aux habitants des camps de Tindouf, alors même que le Maroc, comme l’avait affirmé le roi Mohammed VI, dépense 7 DH au Sahara pour chaque dirham qu’il en retire.

Les faiblesses de Rabat à Stockholm

Les représentants du Maroc trouveront comme interlocuteurs des gens traditionnellement partisans de l’émancipation des peuples. L’idée est belle et le principe est exaltant certes, mais la délégation marocaine devra ôter cette idée de la tête des Suédois en leur montrant que le Sahara a toujours été territoire marocain et que le droit de ses habitants à l’autodétermination est une antienne algérienne davantage destinée à alimenter son hostilité pour le Maroc qu’à aider un peuple qui n’a rien demandé et dont la majorité habite – fort bien au demeurant –  au Maroc.

Par ailleurs, le Maroc n’a pas d’ambassadeur à Stockholm depuis deux ans, ce qui met en retrait sa voix en Suède, pendant que les Sahraouis de Mohamed Abdelaziz et les Algériens font entendre la leur.

 

Les chefs de partis qui s’apprêtent à partir en Suède devront donc avoir tous ces éléments en tête pour se montrer persuasifs ; puis, si possible, revenir avec une avancée, en l’occurrence avoir semé dans un premier temps le doute dans l’esprit des dirigeants suédois concernant l’attitude algérienne, avant que, dans un second temps, le gouvernement de Stockholm ne comprenne de lui-même qu’il lui serait préférable de tourner le dos au Polisarialgerie pour regarder du côté marocain où il y a plus à gagner.



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