Maroc/Suède : le gouvernement adopte la politique de la carotte et (surtout) du bâton
Hier jeudi 1er octobre se tenait un conseil de gouvernement. Abdelilah Benkirane et ses ministres ont confirmé la fermeté du Maroc à l’égard de la Suède suite à ses positions clairement inamicales, voire hostiles, dans la question du Sahara ; le gouvernement décide donc d’adopter une politique de réciprocité et « ira jusqu’au bout »…
Le porte-parole du gouvernement Mustapha el Khalfi a sorti l’artillerie lourde et déclare que puisque la Suède a apparemment décidé de dérouler une politique hostile envers le Maroc, le Maroc fera de même. Mais qu’a donc fait le royaume scandinave pour susciter cette colère du Maroc ? El Khalfi énumère les faits, et il y en a…
Stockholm boycotte les produits provenant du Sahara marocain de nos provinces du sud et, bien que l’ONU reconnaisse le Maroc comme autorité administrative du Sahara en attendant la reconnaissance de sa souveraineté, refuse d’entretenir des relations avec toute entreprise opérant sur ce territoire. Et le royaume scandinave a également voté contre le renouvellement de l’accord de pêche Maroc/Union européenne. Plus grave encore est cette attitude de la Suède de tout mettre en œuvre pour convaincre d’autres pays européens de lui emboîter le pas.
Le gouvernement marocain estime donc cette politique comme étant hostile au Maroc, ce qui est vrai… Alors le cabinet Benkirane a-t-il décidé de rendre coup pour coup en boycottant à son tour tous les produits suédois, venant de Suède ou ayant tout rapport avec la Suède.
La goutte, la grosse goute qui a fait déborder le vase est la préparation du gouvernement suédois à reconnaître la république du Polisario ; c’est la ligne rouge à ne pas franchir, et puisque Stockholm persiste à le faire, alors le Maroc réagit.
Ainsi, le grand magasin Ikea qui s’apprête à ouvrir ses portes dans la banlieue de Casablanca a-t-il été interdit, dans un premier temps, avant qu’une décision de justice contre Volvo (qui devait évacuer un local à Casablanca) ne soit mise à exécution alors qu’elle traînait.
« Le Maroc ira jusqu’au bout », assure Mustapha el Khalfi, si la Suède n’infléchit pas sa position.
Le cas Ikea
La politique du gouvernement marocain est donc justifiée mais alors, il aurait fallu décider clairement d’interdire l’ouverture d’Ikea, et non se cacher derrière une ténébreuse histoire de certificat de conformité ; il aurait fallu aussi trouver une solution aux 400 employés de l’enseigne suédoise, afin de montrer sa détermination et de ne pas léser les intérêts de ces centaines de citoyens marocains.