Abdallah Bakkali tire sur tout ce qui bouge, et sur l’Intérieur en particulier
Il est membre du comité exécutif du parti de l’Istiqlal et directeur du quotidien al Alam… Abdallah Bakkali est l’un des membres les plus éminents de la direction de l’Istiqlal, et soutien actif et engagé de Hamid Chabat. Il n’a pas apprécié, mais alors pas du tout, la liste publiée mercredi 7 octobre par le ministère de l’Intérieur des noms des personnes suspectées d’avoir usé d’argent dans les campagnes électorales. Alors, répondant aux questions de nos confrères d’Alyaoum24.com, il met tout le monde dans le même sac, qu’il roue de coups de pied… Florilège.
Abdallah Bakkali commence par laisser planer le doute sur une éventuelle action judiciaire à intenter par son parti contre les deux chaînes publiques al Oula et 2M, coupables aux yeux des Istiqlaliens d’avoir mentionné les fameux 26 noms ; « même les terroristes qui se font exploser, on ne jette pas leur nom en pâture dans les chaînes télé, alors pourquoi les élus, les conseillers ? Je ne sais pas encore si on va ester en justice, mais lors du prochain comité exécutif, nous évoquerons tout ce scandale. Et je dis bien scandale car où est donc passée la présomption d’innocence ? », s’interroge le député de Larache.
Puis, Bakkali balance… « Moi, je dis que tout le monde a craché du fric dans ces élections, et même certains cadres de l’administration en ont touché… Tout le monde a pris de l’argent. Notez-le et inscrivez-le, j’assume la responsabilité de mes propos »… ajoutant qu’ « il aurait fallu faire une enquête globale, et que 100 conseillers aillent en prison, où est le problème ? ».
Pour le député istiqlalien, le but de la manœuvre de l’Intérieur est d’entraver l’élection du candidat Istiqlal Abdessamad Qayyouh à la présidence de la Chambre des Conseillers en empêchant les élus soupçonnés de corruption de participer au vote. Mais qui ? « Je l’ignore… ce que je sais, en revanche, c’est que le parti de l’Istiqlal, l’USFP et d’autres partis de gauche en plus d’al Adl wal Ihsane sont visés par quelqu’un au sein de l’Etat… Je parle de la vraie classe politique bien sûr, pas du RNI, du PAM ou du MP ». Sympa pour eux…
Pour lui, la commission de suivi des élections est illégale, car elle n’a pas été instaurée par la loi, et même Mustapha Ramid ne trouve pas grâce à ses yeux, « un ministre qui ne parle pas en sa qualité de ministre, mais d’une coquille hors la loi »… « Il eût fallu que ce soit le parquet qui se charge de tout cela et non les deux ministères de la Justice et de l’Intérieur, ce dernier étant impliqué et ne pouvant donc être juge et partie ».
Les propos tenus par Abdallah Bakkali sont graves et on pourrait attendre une réaction du gouvernement pour lui demander de donner des noms et d’expliquer ses accusations. « Ils n’ont qu’à me demander et je leur fournirai les noms s’ils en veulent »… Chiche ?