La contrebande de cigarettes bat son plein au Maroc, et Philip Morris s’en lamente
Philip Morris se plaint de ne pas pouvoir écouler ses cigarettes, toutes ses cigarettes, sur le marché marocain… En effet, le fabricant américain des fameuses blondes, Marlboro entre autres, se lamente de ce que plus de 14% de ses cigarettes n’empruntent pas le circuit officiel, et se propose de mener une campagne pour lutter contre cette activité...
… qui, il faut le reconnaître, lui coûte près de 300 millions de DH et quelque 2 milliards de DH de recettes fiscales au Maroc. C’est dans les régions sud et oriental, c’est-à-dire aux frontières terrestres du Maroc avec la Mauritanie et l’Algérie, que la contrebande est la plus forte. On estime à près de 70% le volume des cigarettes de contrebande dans ces régions et sur ces 70%, plus que la moitié sont des cigarettes de marque Marlboro.
Le marché de la contrebande est de plus en plus formel dans son non-formalisme. Il frémit à chaque campagne de la police et des douanes, et les prix des paquets oscillent entre 18 et 25 DH alors, en fonction de la rareté des produits. Ainsi, en 2014 par exemple, 25 millions de paquets introduits en contrebande ont été saisis par les services publics compétents (19 millions en 2013).
Philip Morris est un industriel, non un philanthrope ou une entreprise citoyenne, du moins au Maroc. Selon certaines informations distillées en douce, le géant américain envisagerait de construire une usine de fabrication de cigarettes au Maroc ; pour ce faire, il faudrait « nettoyer » le pays de ses cigarettes de contrebande. Mais ce que ne sait pas le constructeur, ou ce qu’il ne veut pas savoir est que cette activité fait vivre des centaines de familles sur le territoire marocain, et que le commerce se fait presqu’à visage découvert, en dehors des campagnes cycliques des autorités publiques.
Alors, fin de la contrebande des cigarettes au Maroc ? Rien n’est moins sûr.