Voici pour qui ont voté les élus CGEM à la Chambre des conseillers
A tout seigneur tout honneur, dit-on… La CGEM, représentée pour la première fois dans son histoire à la Chambre des conseillers avec 8 conseillers, alimente la chronique, et la rumeur, sur le vote de ses élus lors de l’élection du président de la Chambre des conseillers. Tout le monde s’accorde sur le fait que les voix des patrons se sont toutes portées sur le candidat PAM Hakim Benchammas (finalement élu), mais la vérité est ailleurs. Abdelilah Hifdi a répondu clairement à nos questions.
Plusieurs patrons interrogés ont par ailleurs répondu à cette question de PanoraPost concernant le vote de ses conseillers, expliquant que comme indiqué dans le communiqué de la Confédération patronale annonçant le retrait de candidature de Neila Tazi du vote pour la présidence de ladite Chambre, la CGEM veut, d’abord, marquer son indépendance par rapport aux partis et, ensuite, travailler avec l’ensemble des partenaires.
Que s’est-il donc passé ce mardi 13 octobre, juste avant l’ouverture de la séance de vote pour la présidence ? Contacté par PanoraPost, Abdelilah Hifdi, membre et futur chef du groupe CGEM (si groupe il y a) et président de la Fédération des transporteurs a été très clair :
« Après l’annonce du retrait de la candidature de Neila Tazi à la présidence de la Chambre, nous nous sommes réunis, nous les 8 élus. Nous avons alors convenus de respecter l’esprit du communiqué de retrait et aussi la neutralité de la CGEM. C’est Mohamed Salem Benmassaoud, l’un des nôtres qui a émis l’idée de scinder le vote en deux : 4 pour le candidat Istiqlal Abdessamad Qayyouh et 4 pour le PAM Hakim Benchammas. Cette décision a été prise pour le second tour, et non pour le premier. La neutralité de la CGEM et son refus d'entrer dans les luttes de partis ou de personnes sont donc respectés ». Et donc, contrairement à ce qui s’écrit et se dit ici et là, la CGEM n’a privilégié aucun des deux candidats, coupant la poire en deux.
Abdelilah Hifdi ajoute que « nous avons été contactés par un des hauts dirigeants de l’Istiqlal qui nous a demandé de voter pour Qayyouh. Nous lui avons répondu que la CGEM ne veut pas prendre parti pour l’un ou l’autre, et que nous avons décidé de travailler avec toutes les sensibilités politiques et/ou syndicales, mais du point de vue et dans l’intérêt de l’entreprise ».
Notre interlocuteur a été plus précis encore en précisant que « pour le premier tour, chacun a voté comme bon lui semblait, mais pour le second, une consigne de vote a été donnée aux membres du groupe ».
L’expression est lâchée… « Consigne de vote ». Les observateurs se sont tous interrogés, et s’interrogent encore sur le sens des votes prochains de la CGEM à la Chambre. Maintenant, on le sait, les élus du patronat ne voteront pas en fonction de leurs sensibilités, mais bel et bien selon des consignes de vote qui seront convenues entre le Conseil d’administration de la Confédération et les 8 élus.