Abdelilah Benkirane est « personnellement intervenu » pour l’annulation de la visite d’Arifi au Maroc (vidéo)
Le « cheikh » Mohamed Arifi devait venir à Rabat, à l’invitation du Mouvement Unicité et Réforme, pour y donner une conférence sur « le rôle du Coran dans la formation de l’être humain ». Cette conférence devait se tenir le 25 octobre, avant que le concerné ne publie un statut sur sa page Facebook, y annonçant l’annulation de sa visite au Maroc.
Encore une fois, les uns et les autres y ont été de leurs positions, les uns appelant à la tenue de cette conférence, les autres y voyant le plus grand mal. On pourrait comprendre les seconds si l’on considère les positions passées d’Arifi dans son soutien à al-Qaïda, dans son conseil au père de ne pas s’isoler avec sa fille et bien d’autres joyeusetés du genre.
Mais ce qu’on sait moins, c’est que c’est Abdelilah Benkirane qui est personnellement intervenu pour faire annuler cette visite. Répondant aux questions d’une journaliste de la chaîne TV DW (arabe), le chef du gouvernement, un peu gêné, a pris la défense du PJD et du MUR, affirmant que l’invitation a été faite au personnage par la section de Rabat du MUR : « Cet homme n’a été invité ni par le PJD ni par le MUR, mais par la section du Mouvement à Rabat, dans l’idée que c’est un personnage modéré. En Arabie Saoudite, il avait développé des idées, sur lesquelles il est revenu, ou non… Moi, je ne le connais pas, je n’ai appris son existence que plus tard. Maintenant je vous dis ceci : je suis entré personnellement en contact avec le président du Mouvement et je lui ai dit que ce n’était pas la peine que cet homme vienne chez nous ».
Il est quand même curieux qu’Abdelilah Benkirane ignore qui est Arifi, un prédicateur que plusieurs millions de personnes « aiment » ou suivent sur les réseaux sociaux. Et il est aussi curieux qu’aucune mesure n'ait été prise contre les responsables de cette invitation faite à ce cheikh wahhabite.
Rappelons à cet effet, et à toute fin utile, ces sages propos de Mohammed VI prononcés lors de son discours du Trône : « Y a-t-il une raison pour que nous renoncions à nos traditions et à nos valeurs civilisationnelles marquées du sceau de la tolérance et de la modération, et que nous embrassions des doctrines étrangères à notre éducation et à notre morale ? Evidemment non. Donc, ne permets à personne venu d’ailleurs de te donner des leçons sur ta religion et n’accepte l’incitation de personne à suivre un rite ou une doctrine originaire de l’Est ou de l’Ouest, du Nord ou du Sud, et ce, indépendamment de mon respect pour toutes les religions célestes et les doctrines qui s’y rattachent ».
Abdelilah Benkirane, chef du gouvernement, a donc bien fait de désamorcer cette affaire qui aurait fait couler de l’encre et de la salive si ce Monsieur était venu prêcher sur notre sol.