Les étudiants en médecine en faveur de l’escalade contre le gouvernement
Cela fait maintenant près de deux mois que les étudiants en médecine, en pharmacie et en médecine dentaire, observent une grève des cours et refusent de se laisser intimider par les réactions du gouvernement. Même le communiqué publié par la présidence du gouvernement le 21 octobre n’a pas répondu à leurs revendications. Le ton de menace que les étudiants y ont décelé ne les effraie pas et ils comptent bien augmenter la pression.
Ainsi, une grande protestation nationale aura lieu mercredi 28 prochain à Rabat et on peut parier que, comme il y a quelques semaines, ils seront des milliers à battre le pavé. Ils ont reçu hier le soutien de leurs enseignants qui n’ont pas apprécié le ton menaçant du communiqué du chef du gouvernement, où il est dit que « le gouvernement garantira la sécurité et la protection des étudiants désireux de suivre leurs cours ». Un déploiement de force de l’ordre a été remarqué aux alentours de la faculté de médecine de Casablanca.
Mais quels cours pourront suivre les étudiants, maintenant que même le corps enseignant se déclare solidaire du mouvement des étudiants ? Le gouvernement en appelle à « l’esprit civique et au sens de la nation », dans un discours dépassé face à des étudiants qui contestent l’imposition du service sanitaire obligatoire, protestant contre les moyens qui leur seront fournis lors de ce service bien plus qu’l ne rejettent l’idée. « Rodomontades et gesticulations de Benkirane et de ses ministres », enrage cette étudiante en pharmacie, qui ajoute que « nous ne céderons pas, les choses ont été très loin. Maintenant, le gouvernement nous menace. On verra bien ! ».
Demain vendredi 23 octobre, la coordination a annoncé un sit-in devant le ministère de la Santé, en prélude à la grande manifestation du 28.
Il semblerait que les voies de discussion soient fermées entre les étudiants et le ministre de la Santé, qui n’a jamais vraiment su y faire. Le gouvernement lui a adjoint pour les négociations son collègue de l’Enseignement supérieur, Lahcen Daoudi, bien plus diplomate et conciliant. Mais le mal est fait.