Remous au sein du PJD

Remous au sein du PJD

Que se passe-t-il au PJD ? Un mois et demi après sa victoire aux élections communales et régionales et son installation à la tête de toutes les grandes villes du pays, et à un an des élections législatives, il semblerait qu’il y ait des remous au sein du parti qui conduit le gouvernement. Des épisodes en apparence séparés, mais qui pourraient indiquer des frictions dans sa direction.

Acte I : Abdelali Hamieddine, membre du secrétariat général et fraîchement élu conseiller à la Chambre du même nom, est désigné à la tête de son groupe, avant de démissionner de cette fonction. Abdelilah Benkirane était opposé à l’idée que Hamieddine prenne la présidence du groupe, un poste très sensible, mais il a été mis en minorité par ses pairs dirigeants au secrétariat général. Hamieddine est donc élu chef du groupe, mais jette l’éponge aussitôt après.

Des rumeurs font état de « pressions » exercées sur le parti pour convaincre Hamieddine de renoncer à cette fonction. Cela rappelle ce qui s’était passé voici une dizaine d’années quand l’actuel ministre de la Justice, Mustapha Ramid, avait été « incité » lui aussi à quitter la présidence du groupe PJD à la Chambre des représentants.

On ne connaîtra vraisemblablement pas les raisons qui ont conduit à cette manœuvre, mais on sait que Hamieddine est régulièrement attaqué pour sa (prétendue) implication dans l’assassinat de l’étudiant Benaïssa Ait el Jied dans les années 90, une affaire dans laquelle la justice avait dit son mot.

Acte II : le trublion du parti Abdelaziz Aftati a fait une sortie remarquée, en dénonçant le recul de la direction du parti face aux pressions qui auraient été exercées sur elle par « l’Etat profond » dans l’affaire Hamieddine. Le député d’Oujda crie au complot et aux manœuvres qui « servent le projet  PAMiste ». Aftati est connu pour dire haut ce que ses collègues dans la direction du PJD pensent tout bas. Une sorte de distribution des rôles dans laquelle Benkirane et les autres dirigeants s’inclinent, et où Aftati dénonce.

Acte III : le PJD mène une campagne interne pour identifier ceux de ses élus qui auraient « négocié » avec le PAM pour les élections des bureaux communaux et régionaux. Une sorte de chasse aux sorcières interne qui aura très certainement des répercussions sur la cohésion et la légendaire discipline de ce parti.

Acte IV : Benkirane a été obligé de revenir sur l’affaire de l’invitation faite par le MUR au prédicateur saoudien Mohamed Arifi. Le prêcheur est connu pour ses envolées en faveur d’un islam rigoriste et passéiste. Le chef du gouvernement a reconnu lors d’un entretien avec une chaîne de télévision que c’est lui qui a contacté la direction centrale du MUR pour lui demander de renoncer à l’invitation de cet individu.

Le PJD connaît-il donc ce qu’on appelle sous d’autres cieux l’usure du pouvoir ? Les quelques mois qui viennent apporteront leur lot d’informations



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