L’épouse de Maâti Monjib en appelle à François Hollande pour « sauver » son mari
Christiane Dardé-Monjib, la femme de l'historien et défenseur des droits de l'Homme marocain Maâti Monjib, a lancé samedi un appel au président français François Hollande pour qu'il « sauve la vie » de son mari en grève de la faim depuis 18 jours. « Mon mari est en grève de la faim pour revendiquer la fin des harcèlements et la levée de l'interdiction de quitter le territoire marocain qui le frappe », écrit Mme Monjib dans une lettre adressée au président de la République française, publiée par l’AFP.
Avait-on besoin de cela ? Assurément non. Si Maâti Monjib est coupable de malversations financières du temps où il dirigeait le Centre Ibn Rochd, la justice est là pour faire son travail et rendre son avis, sans n’avoir aucunement besoin de ces interdictions de quitter le territoire. S’il est innocent de toute indélicatesse financière et/ou administrative, c’est qu’on est face à une manœuvre d’intimidation et un acharnement que l’on croyait définitivement révolus.
Maâti Monjib a cessé de s’alimenter depuis le 7 octobre, le jour où il a été notifié de son interdiction de quitter le territoire. Il devait aller en Norvège pour tenir des rencontres et des conférences sur les libertés au Maroc, sachant qu’il préside aujourd’hui l’ONG américaine Freedom Now, section marocaine ; le Maroc travaille actuellement, dans les pays scandinaves, à décrédibiliser les efforts déployés par le Polisario pour montrer que les droits de l’Homme ne sont pas respectés au Maroc. Cette affaire Monjib n’aidera en rien la diplomatie marocaine, officielle ou parlementaire…
Le ministère de l’Intérieur avait, dans un premier temps (le 19 septembre), démenti toute mesure d’interdiction du territoire, avant de se raviser et de reconnaître les faits (le 10 octobre), fondés sur des instructions de la justice.
« Je vous adjure, Monsieur le Président, de faire tout votre possible pour sauver la vie de mon mari », écrit Mme Monjib, précisant que son époux est « visé en raison de ses positions critiques, notamment depuis son élection à la tête de l’association de défense de la liberté de la presse ‘Liberté maintenant’ ».
Maâti Monjib avait été entendu la semaine dernière, quelques minutes, par les enquêteurs de la Brigade nationale de la police judiciaire, auxquels il a refusé de répondre. Il était venu en ambulance, et reparti de la même manière. Son affaire commence à s’étendre à l’international, avec l’implication de personnalités connues et influentes dans le monde, comme Abdallah Hammoudi (Princeton) et Noam Chomsky (MIT), et de médias prestigieux, tels que le New York Times.
Qu’on le juge, preuves à l’appui, ou qu’on le relâche… Cette affaire aura trop duré dans un sens préjudiciable au Maroc.