L’ « avocat du roi » plaidera en faveur d’une fillette violée
L’affaire relève du droit commun, mais du droit commun sordide. Fin juillet, un homme de 50 ans a violé à plusieurs reprises une fillette de trois ans. L’affaire avait dormi dans les tiroirs avant que les avocats n’y mettent le holà.
Ainsi, le premier avocat à avoir pris en charge ce dossier est Me Youssef Chehbi, qui avait accepté de plaider à titre gracieux pour défendre la fillette, mais aussi et surtout pour « pousser » les juges à aller au-delà des quelques années généralement infligées pour ce genre de crime, plus sordide qu’aucun autre. C’est après avoir évoqué le sujet à la télé, et le retard de la procédure judiciaire, que le parquet a décidé d’accélérer les choses.
Et puis, coup de théâtre… Hicham Naciri, fils de l’ancien bâtonnier dont il a hérité le florissant cabinet la prestigieuse charge de « avocat du palais, » entre en piste à son tour. Me Naciri a récemment défrayé la chronique dans l’affaire Eric Laurent et Catherine Graciet,
ces deux écrivains journalistes qui avaient essayé de faire chanter le roi Mohammed VI durant l’été dernier.
Selon Me Chahbi, qui s’est confié à nos confrères de TelQuel, lui et Me Naciri « vont tous les deux plaider », espérant « une sanction exemplaire, et non pas un ou deux ans de prison ».
C’est là aussi, à n’en pas douter, un geste du roi Mohammed VI comme il en a pris l’habitude depuis quelques années… Il intervient dans des affaires, symboliquement, pour faire bouger les choses. On suppose que Me Naciri, avocat d’affaires spécialisé dans les dossiers économiques, financiers et sociaux plutôt épineux, ne s’est constitué dans la défense que sur autorisation du palais. Et comme il ne s’intéresse en général pas à ce genre de dossiers, c’est plus qu’une autorisation qu’il a dû recevoir, mais une instruction…
L’affaire sera jugée, et si le présumé coupable, incarcéré depuis le 4 août, est reconnu coupable, il est certain que la peine sera lourde, très lourde, exemplaire… et qu’elle servira à la jurisprudence dans les tribunaux marocains qui auront à juger de pareilles affaires à l’avenir.