Un plan de développement aussi ambitieux que pharaonique au Sahara
Dans son discours à l’occasion du 40ème anniversaire de la Marche verte, le roi Mohammed VI avait annoncé un gigantesque plan de développement à lancer dans les provinces du Sud ; le lendemain, ce plan était connu. Les détails de cette stratégie démesurée qui doit définitivement ancrer les provinces du Sud au Maroc, en les reliant à l’Afrique.
Le montant global de l’investissement est de l’ordre de 77 milliards de DH pour la période 2016-2021. Plusieurs conventions ont été signées dans cet objectif, portant sur la construction d’infrastructures, sur la création de dizaines de milliers d’emplois et sur le soutien financier à apporter par l’Etat aux trois régions des provinces du Sud.
Et donc, les projets annoncés par le roi ont été présentés dans leurs aspects techniques et leurs détails financiers. Il s’agit de la construction de la voie expresse Tiznit-Dakhla, avec une nouvelle route entre Tiznit et Laâyoune, et le renforcement et l’élargissement de celle existant entre Laâyoune et Dakhla. Le projet, d’une longueur de 1.055 km, sera doté d’un budget de 8,5 milliards de DH.
Par ailleurs, le grand port de Dakhla-Atlantique sera prochainement lancé (6 milliards de DH), en même temps qu’une technopole (2 milliards de DH), et la ville de Laâyoune disposera également d’un centre hospitalier universitaire d’une capacité de 500 lits (1,2 milliard de DH) et comprenant des pôles d’excellence dans diverses spécialités (mère enfant, oncologie, psychiatrie, urgences).
L’Office chérifien des phosphates mettre en œuvre un autre grand projet de développement industriel, pour un budget de 16,8 milliards de DH, consistant en l’installation de nouvelles infrastructures pour l’extraction, le traitement, le transport et la commercialisation des phosphates de Boucraâ.
A Dakhla, l’agriculture sera mise à l’honneur, d’abord par la construction d’une usine de dessalement de l’eau de mer, pour une enveloppe de 1,3 milliard de DH et une capacité de production quotidienne de 100.000 m3 d’eau douce. Près de 10.000 emplois seront créés ensuite, dans le cadre de grands projets de traitement des produits de la pêche (1,2 milliard de DH) et d’aquaculture (2,8 milliards de DH).
D’autre part, et toujours dans le secteur primaire, deux projets structurants verront le jour, à Laâyoune-Saqia El Hamra. Ils porteront sur la mise en valeur agricole de 1.000 hectares à Boujdour (465 millions DH) et le développement du programme de l’agriculture solidaire dans la région de Laâyoune-Sakia El Hamra (1,1 milliard de DH).
La CGEM n’est pas en reste… sa présidente Miriem Bensalah Chaqroun a annoncé des investissements pour 59 projets, totalisant 5,4 milliards de DH dans divers secteurs (immobilier, commerce, transport, éducation, industrie), et qui assureront la création de 10.300 emplois.
Au terme de la période projetée, en 2021, ce sont 120.000 emplois qui seront créés dans un ensemble de quelques 200 projets. Pendant ce temps-là, on ne réussit pas à construire 6.000 logements pour les 40.000 personnes à Tindouf… Le monde, représenté à l’ONU, aurait-il perdu le sens de l’entendement en continuant de demander des « négociations » entre Rabat qui investit des milliards de dollars et les dirigeants du Polisario qui s’enrichissent de la manière la plus éhontée ?