Le Conseil supérieur des Oulémas émet une fatwa expliquant le Jihad

Le Conseil supérieur des Oulémas émet une fatwa expliquant le Jihad

Suite aux attentats de Paris, qui viennent suite à une autre série d’actions terroristes commises au Liban, en Egypte, en Turquie… le Conseil supérieur des Oulémas (CSO) a émis ce weekend une fatwa expliquant et détaillant ce qu’est le Jihad en islam. Ce texte intervient après que l’organisation dite « Etat islamique » eût rendu public, samedi 14 novembre, un texte de revendication des attentats de Paris, citant en le détournant un verset coranique.

Que dit cette fatwa du CSO ? Que la violence est proscrite en islam et que le Jihad répond à des critères bien précis et des conditions soigneusement définies. Les Oulémas se fondent sur deux versets du Coran : « N'attaquez pas, Dieu n'aime pas ceux qui attaquent », et « celui qui tuerait un homme non coupable d'un meurtre ou un délit sur la terre, c'est comme s'il avait tué tous les hommes ».

A partir de là, le CSO explique le Jihad dans ce qu’il est et aussi, et surtout, dans ce qu’il n’est pas. Ainsi, ce qui peut être considéré comme Jihad et respecté comme tel se décline dans les conditions suivantes :

1/ Le Jihad contre soi-même à travers l'éducation, l'épuration de l'âme et sa préparation à assumer la responsabilité.

2/ Le Jihad par la pensée à travers le l'affutement et le façonnement de l'esprit de manière à servir les intérêts de l'humanité.

3/ Le Jihad par l'écriture, à travers la publication d'ouvrages utiles, la réalisation d'articles illuminants et contrant les fausses accusations à l'encontre de l'Islam et des musulmans.

4/ Le Jihad par l'argent, à travers la dépense généreuse en faveur du bien et la contribution au développement socio-économique.

Toute autre forme de Jihad, donc, est de la violence et un non-respect des dispositions coraniques expliquées par les exégètes. Ainsi par exemple du Jihad par les armes, ultime recours pour les musulmans qui n’y ont alors recours qu'en cas d'extrême nécessité, que lorsqu'ils sont attaqués par leurs ennemis et que toutes les voies pacifiques échouent. Et même dans ce cas, on ne doit prendre les armes que quand le Grand imam l’y autorise. « L’islam ne permet, par conséquent, à aucun individu ou groupe de proclamer le jihad de leur propre chef », conclut la fatwa, dans une allusion directe aux troupes de Daech ou à cet individu qui s’est autoproclamé « calife », connu sous le nom d’al-Baghdadi.

Cet avis rendu par le CSO est appuyé par un communiqué du ministère des Habous et affaires islamiques qui appelle « les prêcheurs,  les prédicateurs et Imams » du Maroc à poursuivre la « mobilisation, la prédication et le recours aux arguments qui font valoir la légitimité religieuse et la raison pour éclairer les citoyens ». Mettant en garde à ce que « l’image de l’Islam ne soit dénaturée par ceux qui lui portent préjudice », le ministère appelle les prédicateurs et imams à « éclairer » les concitoyens en « leur démontrant que toutes les formes de violence et de contrainte ne relèvent nullement de la religion et de la prédication ».

 



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