Christopher Ross au Maghreb, Mohamed Abdelaziz chez Bouteflika
Trois semaines après la visite du roi Mohammed VI à Laâyoune, Christopher Ross, l’émissaire de Ban Ki-moon au Sahara, s’apprête à entamer une nouvelle tournée dans la région du Maghreb. Il devra visiter le Maroc, l’Algérie et la Mauritanie. Que vient-il faire alors que les dés semblent être jetés dans la région ?
Mohammed VI l’avait clairement dit à Laâyoune avant de s’envoler pour une période de convalescence à Paris : « Il se leurre celui qui attend du Maroc qu’il fasse une tout autre concession. Car le Maroc a tout donné ». Puis il a annoncé une série de projets structurants de 77 milliards de DH sur 5 ans au Sahara.
Le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar avait aussi déclaré que Ross ne devrait plus poser un pied à Laâyoune car c’est à Rabat que les choses se discutent. On verra bien à l’arrivée de l’Envoyé spécial du SG de l’ONU, s’il se contentera de rencontrer les dirigeants marocains à Rabat ou s’il demandera à aller à Laâyoune, et nous verrons bien la réaction des Marocains.
Ross concocte un autre plan, qui serait articulé autour d’un projet de fédération, c’est-à-dire plus que l’autonomie acceptée et même proposée par le Maroc, mais moins que l’indépendance. Le Maroc dira non. Ensuite, le diplomate américain ira en Europe pour essayer de faire passer son idée. Mais l’Europe est bien occupée ailleurs et regarde désormais le Maroc autrement, depuis les derniers événements en France et en Belgique.
Pour sa part, le président algérien Abdelaziz Bouteflika a reçu dimanche 22 novembre le président de la RASD Mohamed Abdelaziz, au palais présidentiel à Alger. Bouteflika est malade, ne reçoit personne et délègue ses fonctions à son premier ministre Abdelmalek Sellal. Mais il a trouvé la force et l’énergie pour rencontrer Abdelaziz, dans un signal adressé tant aux Marocains qu’aux Nations-Unies, voulant que l’Algérie persiste dans sa politique de soutien au Polisario.
La semaine à venir apportera donc son lot d’informations sur les manœuvres entreprises pour le dossier du Sahara, sachant que le Maroc semble avoir fermé la porte à toute discussion autre que l’autonomie. Quand on met 8 milliards de $ sur la table, on n’est pas vraiment enclin à négocier…