Omar Azzimane s’attaque à la (très sensible) question de l’enseignement religieux
Les travaux de la 8ème Session du Conseil supérieur de l’éducation, de la formation et de la recherche scientifique ont été l’occasion pour son président Omar Azzimane, en plus de rappeler à ses devoirs Abdelilah Benkirane au sujet de la langue française, de mettre en chantier un début de réforme de l’enseignement religieux.
Dans son mot d’ouverture, Azzimane avait évoqué la mise en place en septembre d’un comité composé du président du Conseil et des secrétaires généraux, en vue d’associer les ministères concernés (Education et Affaires islamiques) pour, entre autres, décidé de la poursuite de « l’étude de l’enseignement religieux afin de préparer un projet de réforme spécifique à cet enseignement en conformité avec les principes directeurs et les orientations de la vision stratégique ».
L’idée est de revisiter ce type d’enseignement, particulier, pour mieux le définir, dans toutes ses étapes, de l’école coranique (Msid) aux études islamiques à l’université ; L'objectif est de préparer un projet de réforme spécifique à ce type d’enseignement. « On ignore encore la teneur de ce que ce sera cet enseignement », explique à PanoraPost un membre du Conseil, ajoutant que « pour l’instant, on sait que l’éducation religieuse sera réétudiée afin de la mettre en conformité avec les pratiques usuelles de l’enseignement dans sa globalité ».
Cette annonce intervient dans un contexte de reprise en main du religieux sur le plan de l’éducation et de la formation. Le roi Mohammed VI avait, en effet, changé le statut de l’université al-Qaraouiyyine et l’avait placée sous l’égide du ministère des Affaires islamiques, puis il avait créé aussi un institut de formation des imams et une fondation des Oulémas africains. Ces décisions concernant l’enseignement religieux s’imposent en ces temps incertains où des officines prennent appui sur des structures de cet enseignement pour inculquer aux enfants des idées d’intolérance et de radicalisme.
Le problème se pose entre autres au niveau des écoles coraniques qui assurent la formation de jeunes enfants en études islamiques. Ces écoles, au nombre de plus de 13.000 au Maroc, sont situées dans leur écrasante majorité en milieu rural et près d’un demi-million de jeunes Marocains y reçoivent une formation religieuse.