Sahara - Les Américains, toujours plus pragmatiques que les Européens
Alors que la Cour de justice européenne a annulé l’Accord agricole entre le Maroc et l’UE, et que le parlement européen vient de réclamer de l’ONU qu’elle élargisse le mandat de la Minurso aux questions des droits de l’Homme, le Congrès américain a adopté sa loi de finances qui prévoit les aides au Maroc, y compris dans son Sahara, et qui encourage le secteur privé US à investir dans les provinces du Sud.
Dans son rapport législatif, qui accompagne le projet de loi de finances, le Congrès dispose que les fonds destinés à l’aide au Maroc soient également « rendus disponibles » au profit des provinces du sud, ajoutant que le Congrès US, avec ses deux chambres, doit encourager le secteur privé américain à investir dans les provinces du Sud pour accompagner la dynamique enclenchée par le Maroc
Cela étant, le législatif américain se déclare encore « préoccupé par l'échec enregistré sur la voie du règlement du conflit du Sahara et par la situation des populations dans les camps de Tindouf, au Sud-Ouest de l'Algérie». Le Congrès appelle ainsi « le secrétaire d'État John Kerry à œuvrer dans le sens d'un règlement négocié à ce conflit, en droite ligne de la politique américaine soutenant une solution sur la base du plan marocain d'autonomie ». Il fallait que ce soit dit…
En réaffirmant son soutien au Maroc et en prenant position, presque clairement, dans ce conflit, les Américains semblent avoir pris et compris à sa juste mesure la portée du lancement du gigantesque plan de développement annoncé par le roi Mohammed VI à Laâyoune, le 6 novembre dernier. Pour rappel, ce plan engagera les dépenses d’environ 8 milliards de $, pour la création de très nombreuses unités industrielles et structures socio-économiques, en vue de la création de 120.000 emplois dans la région. Quand on met une somme pareille sur la table, c’est qu’on est sûr de son fait. Les Américains ont compris cela, les Européens, un peu moins…