Le syndicat du PJD change de patron et Benkirane s’en prend encore à Ilyas el Omari

Le syndicat du PJD change de patron et Benkirane s’en prend encore à Ilyas el Omari

Ce weekend se tenait le 6ème congrès de l’Union nationale du travail au Maroc (UNTM), l’aile syndicale du PJD. L’enjeu était la désignation du nouveau secrétaire général, en remplacement du démissionnaire Mohamed Yatim. Comme d’habitude dans les organismes affiliés au PJD, l’élection n’était pas convenue à l’avance et le suspense était au rendez-vous, et c’est finalement Abdelilah Hallouti qui a été élu du syndicat. Mais Abdelilah Benkirane en a profité pour prononcer un discours politique et tirer encore sur le N°2 du PAM…

L’élection à suspense du nouveau SG

On savait Yatim partant et on savait qu’il ne se représenterait pas à un autre mandat à la tête du syndicat. Trois responsables étaient candidats à sa succession : Abdelilah Hallouti, Abdessamad Merimi (SG adjoint sortant) et Jamaâ Moatassim, chef de cabinet d’Abdelilah Benkirane et maire de Salé. A l’UNTM (comme au PJD ou au MUR), personne ne se porte candidat, car ce sont les congressistes qui proposent les noms, et ce sont les trois précédents qui se sont dégagés à l’issue d’un premier tour.

Merimi s’est excusé et a proposé que l’élection se tienne entre Hallouti et Moâtassim. Mohamed Yatim a fait sa campagne en faveur de ce dernier. Las… les congressistes ont estimé que l’homme avait plusieurs fonctions et qu’il ne pourrait pas se dégager suffisamment pour mener les affaires du syndicat. Et donc, à l’issue du premier tour de l’élection, seule une différence de 9 voix a départagé les challengers, en faveur de Hallouti, d’où un second tour.

Résultat final à la fin du second tour : Hallouti, 368 voix et Moâtassim, 279. Le candidat malheureux obtient quand même le secrétariat général adjoint. Quant à Hallouti, il s’installe dans ses nouvelles fonctions, qu’il cumulera avec celles de membre du Conseil supérieur de l’éducation et de la formation, de membre du conseil national du PJD et de membre de la Chambre des conseillers. Le cumul des mandats au PJD n’est pas un principe vain…

On remarquera cependant qu’à la différence des autres centrales syndicales, l’UNTM sait changer de SG dans une logique démocratique, ne laissant pas ses patrons ne quitter leur fauteuil que pour le cimetière, ou contraints et forcés.

Benkirane dit ses vérités

Prenant la parole, souriant et gouailleur comme à son habitude, le chef du gouvernement envoie un message fort à l’assistance, revendiquant la « forte relation entre le PJD et l’UNTM, de laquelle nous n’avons pas honte ». Cela est dit dans un contexte de forte crispation avec les syndicats en ces temps de réforme de la retraite et de préparation aux élections. Abdelilah Benkirane poursuit : « Nous sommes une même entité (PJD et UNTM), et nous appartenons à la même famille, venant tous de la mouvance islamique, il faut le dire. Nous avons des relations et des directions imbriquées mais, en même temps, et aussi incroyable que cela paraisse, les deux organismes sont totalement indépendants l’un de l’autre, contrairement à ce qui se passe ailleurs ! »… Le couple UGTM/Istiqlal appréciera, de même que celui de l’USFP et de son syndicat…

Toujours aussi clair, le chef du gouvernement ose dire des choses inhabituelles à ce niveau de responsabilité partisane au Maroc : « A leurs débuts, tous les militants sont démunis et ne possèdent rien, puis ils accèdent à des postes de direction ou de présidence. Il est normal que ceux qui sont en haut gagnent et profitent plus que ceux qui sont en bas, mais la question est de savoir s’ils préserveront leurs engagements ou si, à l’inverse, ils renieront ceux qui les ont hissés pour maintenir leurs privilèges et leurs gains »… Il continue : « Quand le niveau de responsabilité augmente, il est naturel que la situation matérielle suive… le plus important n’est pas là, mais dans le fait de ne pas changer moralement car, dans ce cas, c’est la crédibilité qui baisse ».

Puis Abdelilah Benkirane – il ne peut pas s’en empêcher – revient à son ennemi intime, Ilyas el Omari, qu’il attaque vertement : « Le peuple marocain a compris, et la preuve, il l’a donnée le 4 septembre. Ceux qui veulent le bien de ce pays, sa stabilité, son accession au rang d’émergent, doivent s’inscrire dans la logique du 4 septembre. Et ceux qui veulent aller à contresens de cette même logique nécessiteront bien plus que 65 millions de DH (le coût du projet médiatique d’el Omari, NDLR)… Alors je dis aux porteurs de ce projet raté d’avance, ce projet obscurantiste et ténébreux, nous leur disons assez de faire cela et rejoignez votre peuple, car l’islam recommande de faire son autocritique avant de s’en prendre aux autres ». Malgré la bonne tenue de son discours politique, la prédication islamique n’est jamais loin dans l’esprit de Benkirane, et c’est cela qui incommode…

 



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