Le patron du BCIJ : « Nous avons fourni à nos amis français la position d’Abaaoud » !

Le patron du BCIJ : « Nous avons fourni à nos amis français la position d’Abaaoud » !

On le savait déjà, mais deux précisions valent mieux qu’une… Alors que ce sont les services marocains qui avaient alerté les Français, le soir même des attentats du 13 novembre à Paris, que le massacre avait été préparé en Belgique et que l’un des terroristes était en route vers ce pays, on apprend également, et de la bouche même du patron du BCIJ, que c’est ce service qui a mis les enquêteurs français sur la piste d’Abderrahim Abaaoud. Et on apprend même comment cela a été rendu possible…

De l’utilité de la coopération entre services

Interviewé par nos confrères de la Dernière Heure (Belgique), venus spécialement au Maroc pour le rencontrer, le patron du Bureau central d’investigations judiciaires Abdelhak Khiame ne s’est pas caché des relations de collaboration étroite qui existent entre les services marocains et leurs homologues européens. Emphatique, il explique que le Maroc « défend la sécurité de (ses) partenaires et voisins européens parce que (sa) sécurité dépend de la leur ». Khiame confirme aussi que nombre d’actions ont été avortées en Europe grâce aux informations fournies par le Maroc. « Plusieurs attentats, qui allaient récemment être commis dans des pays européens - France, Espagne, Belgique… – ont été déjoués au moyen d’échanges de renseignements entre services marocains et leurs homologues. C’est le cas par exemple pour la cellule de Verviers en Belgique », explique le chef du Bureau, avec « certitude ». On savait que celle cellule avait démantelée par les forces de sécurité belges une semaine après les attentats de Charlie hebdo suite à des informations procurées par le Maroc, mais là on en a la « certitude », pour reprendre le mot de Khiame.

Le cas Abaaoud

Interrogé sur l’apport des Marocains en matière de sécurité pour les derniers attentats de Paris, ce dernier répond que ses services avaient « fourni la position d’Abaaoud. (Nos services) avaient l’information que cette personne allait se retirer à Saint-Denis avec sa proche parente, une information communiquée en temps réel à nos amis français ». Comment les services ont-ils su cela ? « La proche parente est venue au Maroc, peu de temps avant les attentats. Elle était venue voir son père… ». Puisqu’Abaaoud était signalé, sa « parente » était aussi sous surveillance, et bien évidemment, ses proches qu’elle pourrait éventuellement contacter.

La traque des frères Abdeslam

Cette manière de procéder, tout en « intelligence », est la différence entre services professionnels et efficaces, et ceux qui ne le sont pas. Abdelhak Khiame égratigne à cet effet, gentiment, les services européens qui ne remplissent pas bien leur rôle : « Comment peut-on détecter et suivre des gens non signalés (il parle des frères Abdeslam) si nous n’avons pas de renseignement sur eux émanant des pays où ils vivent, où ils se radicalisent ? ». En effet… Et puis, un conseil d’ « ami » : « Il y a beaucoup d’armes en Belgique, il faudrait peut-être durcir la législation sur la circulation des armes ; Au Maroc, si vous possédez une arme de guerre, vous pourriez prendre jusqu’à 20 ans de prison ».

Ces affirmations et explications justifient pour nos confrères belges que le président français ait reçu le roi Mohammed VI et que ce dernier ait également reçu un coup de fil du roi des belges Philippe, les deux demandant l'assistance des services marocains, réputés compter parmi les meilleurs services de sécurité au monde et aussi parmi les plus en pointe dans la lutte antiterrorisme. En cause, le BCIJ et ses 340 enquêteurs (quand même...).



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