Les vérités de Mohamed Boussaïd

Les vérités de Mohamed Boussaïd

En marge de son grand oral au forum de la MAP, et après avoir donné ses chiffres et ses explications techniques sur la loi de finances et sur les finances tout court, le ministre de l’économie et des Mohamed Boussaïd a répondu à bien des interrogations actuelles. La Samir, les retraites des ministres...

La Samir

« Le temps du chantage est révolu », a asséné Boussaïd, indiquant que l’actionnaire principal du raffineur, le Saoudien al-Amoudi, devait honorer les engagements du conseil d’administration en augmentant le capital de 10 milliards de DH. Mais dire que le « temps du chantage est révolu » n’indique-t-il pas que le chantage a eu son temps, et donc que l’Etat a cédé à ce chantage ? Il faudra donc changer les habitudes et cela risque de prendre du temps...

La Samir doit 13 milliards de DH à la douane, entre autres, sans compter sa dette bancaire de quelque 8 milliards de DH, mais al-Amoudi vient d’indiquer qu’il n’y aura pas d’augmentation de capital s’il n’y a pas d’arrangement global. Mais comme le temps du chantage semble révolu, dit-on, on verra bien...

La décompensation du sucre

« Oui, elle aura lieu », et certainement cette année, explique Mohamed Boussaïd qui, pour être conscient que cela engendrera une détérioration du pouvoir d’achat des populations, n’en a pas moins fait une réponse de technocrate : « Les gens, surtout dans les campagnes, comprendront que cette mesure est légitime et positive, quand ils apprendront que l’argent économisé servira à financer des hôpitaux en milieu rural »... S’il le dit.

Ce sont quand même 2 milliards de DH qui vont à la compensation du prix du sucre, mais cette enveloppe sera, une fois la subvention supprimée, affectée pour moitié au Fonds de cohésion sociale.

Les primes des fonctionnaires des finances

Mohamed Boussaïd défend ses troupes. Verser des dizaines de millions de DH en primes et indemnités aux fonctionnaires des impôts et du ministère est chose normale et surtout « légale », en plus d’être transparente.

La mesure, pour sembler incohérente et profondément injuste, est en vigueur dans de très nombreux pays en Europe. Les fonctionnaires vont chercher l’argent des impôts et en gardent une petite partie pour eux. Mais légalement.

Les retraits des ministres et des parlementaires

Pour Mohamed Boussaïd, « le débat en cours est constructif, mais il faut le mener en disant la vérité. Ainsi, les retraites des parlementaires sont légales et figurent dans la loi de finances ; celles des ministres sont réglementées par dahir ». Pour ce qui concerne les pensions servies aux anciens ministres, « elles sont destinées à préserver leur dignité d’anciens hauts fonctionnaires, et il ne s’agit pas de pensions à proprement dites, mais des compléments de retraites ». Exact.

Pour les parlementaires, qui sont bien nombreux à être en retraite de l’institution législative, « les cotisations au titre de 2014 ont atteint 28 millions de DH, et les versements de pensions ont représenté une enveloppe de 55 millions de DH ». En effet, il existe bien plus de parlementaires « retraités » que de parlementaires qui cotisent. Les choses deviennent difficiles et il serait temps de reconsidérer cette question.

Le ministre critique les levées de boucliers sur Facebook, mais il aura fallu quand même Facebook pour apprendre que la caisse de retraite des élus législatifs est dangereusement déséquilibrée, et que seuls 113 ministres perçoivent leur retraite complémentaire.



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