Violente, très violente répression des enseignants stagiaires dans plusieurs villes
Comme cela était prévu, cela a fini par se produire... Le gouvernement a perdu patience contre les enseignants stagiaires et a envoyé sa troupe de forces de l’ordre, jeudi 7 janvier, disperser ls manifestations organisées dans plusierus villes du Maroc. La charge était violente, et plusieurs blessés sont tombés sous les coups des policiers.
A Casablanca, à Tanger, à Fès, à Oujda... ils étaient au total une vingtaine de milliers de jeunes enseignants stagiaires à protester, à manifester, contre la politique du gouvernement Benkirane œuvrant à dissocier formation et recrutement, contrairement aux revendications de ces stagiaires qui insistent pour leur embauche à l’issue de leur formation.
A l’origine du conflit qui a poussé les enseignants stagiaires à faire grève depuis 10 semaines, les décrets 2.15.5882 et 2.15.5889, le premier revenant sur le recrutement automatique des jeunes, une fois formés et le second réduisant les bourses de ces jeunes de 2.454 DH à 1.200 DH. Les « blouses blanches », comme on les appelle, veulent négocier avec Abdelilah Benkirane mais ce dernier, encore plus opiniâtre qu’à son habitude, refuse. Les députés l’ont appelé à ouvrir un dialogue, mais en vain.
Les élèves des Centres régionaux des métiers de l’enseignement et de la formation (CRMEF) argumentent pourtant que l’accès à ces centres n’est permis que sur concours, ce qui rejoint l’insistance du chef du gouvernement à ne recruter des personnels à la fonction publique qu’après avoir réussi un test d’admission.
Hier jeudi 7 janvier, donc, les forces de l’ordre, dûment harnachés, ont été envoyés disperser les manifestants dans toutes les villes où ils marchaient. La brutalité de l’intervention la fait ressembler à une répression. Des images montrant des manifestants à terre, d’autres se faisant gifler par des policiers en civil, et d’autre encore le visage en sang, évanouis, évacués sur des civières vers les hôpitaux, ont abondamment circulé sur les réseaux sociaux. Deux cas de blessés graves sont signalés à Inezgane...
Avant de charger, un officier de police a appelé les manifestants à se disperser, sur ordre du procureur du roi, en raison de l’absence d’autorisation d’occuper la voie publique. Les enseignants sont restés, la troupe a chargé.
Aucune explication n’a été donnée par le gouvernement ; l’année 2016 commence fort, et brutalement. En plus des mouvements des enseignants, il est prévu de grands mouvements sociaux suite à l’adoption en Conseil de gouvernement des 6 textes de projets de lois sur les retraites, vigoureusement rejetées par les syndicats.