L’année électorale commence par la bastonnade des enseignants stagiaires (vidéo)

L’année électorale commence par la bastonnade des enseignants stagiaires (vidéo)

Cela commence bien... On savait que cette année durant laquelle se tiendront les élections législatives sera socialement chaude et politiquement violente, mais pas de cette manière, et pas dès le début janvier... Hier, les enseignants stagiaires ont manifesté et ont été brutalement tabassés par les forces de l’ordre. Le porte-parole du gouvernement a rencontré certains des manifestants qui l’ont cerné et lui ont demandé des excuses. Ce qu’il s’est bien gardé de faire.

Le ministre de la communication et porte-parole du gouvernement Mustapha el Khalfi, encerclé par des enseignants stagiaires énervés suite à la brutale intervention des forces de l’ordre hier 7 janvier à Casablanca (et dans d’autres villes), n’a eu comme autre échappatoire que de rappeler les directives déjà prises par son collègue à la justice (et aux libertés) Mustapha Ramid.

Ce dernier, a rappelé el Khalfi, avait dit que 1/, le droit de rassemblement est garanti par la constitution, que, 2/ des règles doivent être établies pour encadrer les interventions des forces de l’ordre, et que, 3/ des enquêtes seraient lancées en cas d’abus dans ces interventions. Or, hier, à Casablanca, avant que les forces antiémeutes chargent violemment les manifestants au centre-ville de la capitale économique, un officier de police, armé d’un mégaphone, a appelé les manifestants à se disperser, sur ordre du procureur du Roi. La suite, on la connaît... les manifestants ont persisté à manifester et les forces d’intervention ont intervenu.

Mustapha el Khalfi a bien dit aux jeunes énervés que ce qui s’est passé est inadmissible, et il l’a répété ensuite à une conférence organisée dans un palace de la ville par nos confrères d’al Michaâl, mais il a été très justement taclé par le premier secrétaire de l’USFP Driss Lachgar qui lui rappelé que la police est placée sous l’autorité du ministre de l’Intérieur et donc du chef du gouvernement, qui doivent donc assumer leur responsabilité face à la violence déployée par les forces de l’ordre.

Une internaute, appartenant manifestement au PJD, a imputé le tabassage des jeunes manifestants, « à des mains invisibles qui tirent les ficelles afin de gêner le PJD, suite à sa victoire aux élections du 4 septembre »... Le retour des démons et des crocodiles, en quelque sorte. Soit... Bienvenue en année électorale 2016.

Mais 24 heures après l’intervention de la police, et 12 heures après les déclarations de Mustapha el Khalfi, Mustapha Ramid est toujours aux abonnés absents. Contacté par nos soins, un membre de son cabinet nous a répondu n’être informé d’aucune action entreprise par son ministre pour mettre en œuvre les points 2/ et 3/ plus haut, le 1/ semblant avoir été respecté par la police qui a donné l’ordre de se disperser aux manifestants et leur a adressé une sommation avant l’intervention.

On reconnaîtra à Mustapha el Khalfi sa disposition à discuter avec les manifestants et son aptitude à aller au-devant des critiques, mais on notera l’absence – et même l’indifférence – de Ramid, « occupé à une conférence en dehors de Rabat », selon son entourage... Quant à Benkirane, habituellement si prompt à tout dire sur tout, lui aussi brille par son silence.

 



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