Répression des enseignants-stagiaires, l’Intérieur donne sa version
Jeudi dernier 7 janvier, les jeunes enseignants stagiaires de l’éducation ont été sévèrement réprimés par les forces de l’ordre à Casablanca et à Inezgane. Plusieurs blessés sont à déplorer et la société civile s’est mobilisée en faveur des enseignants tabassés. Le ministère de l’Intérieur a tenu à apporter sa version des événements.
Et donc, le département de Mohamed Hassad indique que « des étudiants stagiaires des centres régionaux des métiers de l'éducation et de la formation ont été légèrement blessés lors de manifestations non autorisées à Casablanca, Marrakech et Inezgane ». Le communiqué de l’Intérieur ajoute que des groupes d’étudiants « ont tenté, dans le cadre de leurs mesures d’escalade entamées le 7 octobre 2015, d’organiser des marches de protestations, jeudi dernier dans plusieurs villes, pour revendiquer l’annulation des deux décrets relatifs à la séparation entre formation et recrutement » dans la fonction publique, et aussi réduisant leurs bourses moitié, de 2.454 DH à 1.200 DH.
Le ministère explique que « en dépit du fait que ces marches n'ont pas été autorisées et que les décisions de leur interdiction avaient été communiquées aux parties concernées, certains étudiants ont insisté à les tenir en violation totale de la loi ». Conséquence directe... les autorités locales et les forces de l'ordre, « en totale conformité avec les règlements et les dispositions légales, ont tenté de dissuader les manifestants à continuer à violer la loi et dissoudre leurs rassemblements ».
Les manifestants de certaines villes, comme Fès et Tanger, ont obéi aux sommations de la police et se sont dispersés, contrairement à leurs collègues/camarades de Marrakech, de Casablanca et d’Inezgane, lesquels ont préféré « défier et provoquer les forces publiques en essayant de forcer le cordon de sécurité et les pousser à la confrontation, provoquant une bousculade, des blessés légers et plusieurs cas d'évanouissements prétendus ».
Fort bien, mais cela ne justifie pas les gifles et les coups de pied montrés dans plusieurs vidéos qui ont circulé, sauf si, peut-être, les coups de poings et de pied font partie des protocoles de dispersion des manifestations...
Le coordinateur régional de la commission nationale des enseignants stagiaires à Inezgane, Houssaïne Amerjij, a fait état de « 100 blessés dont 37 blessures graves et 7 cas hospitalisation ».
Quant à Abdelilah Benkirane, il a indiqué être du côté des manifestants, mais seulement quand ils respectent la loi, précisant qu’on ne peut être systématiquement contre les forces de l’ordre, par principe.