L’année blanche pour les enseignants stagiaires, c’est pour bientôt...
Alors que les enseignants stagiaires, surfant sur la vague de sympathie qui est venue les soutenir après ce qu’il est désormais convenu d’appeler le « jeudi noir », ont haussé le ton et promis de ne pas reculer quant à leurs revendications, le gouvernement semble décider à ne rien céder à son tour. Le bras de fer risque de se durcir.
Selon un membre du gouvernement qui l’a confié à PanoraPost, le gouvernement s’apprête à annoncer une date au-delà de laquelle l’année de formation des enseignants stagiaires sera déclarée « blanche ». Cela fait en effet deux mois que ces jeunes boycottent leurs cours et exigent leur recrutement au terme de leur formation.
Le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane avait pourtant paru lâcher du lest hier en affirmant que ceux des stagiaires qui ne seraient pas recrutés au terme de leur formation pourraient l’être l’année suivante, mais il a assorti son « assouplissement » par la condition de reprise immédiate des cours et de fin des contestations.
Les étudiants contestent les deux décrets publiés, l’un dissociant la formation du recrutement dans la fonction publique, et l’autre ramenant la bourse d’études de 2.454 DH à 1.200 DH. Ils expliquent, selon leur porte-parole, que ces deux décrets sont rétroactifs du fait qu’ils ont été publiés après le début de leur année scolaire ; une forme de juridisme puisque les jeunes stagiaires ont été informés des nouvelles dispositions avant d’intégrer leurs centres de formation, mais ils persistent à dire que les décrets n’ont été publiés au Bulletin officiel qu’après le début des cours.
Le gouvernement, lui, par la voix du ministre de la Communication Mustapha el Khalfi, répond qu’il ne reculera pas, même si des voies de discussion restent ouvertes pour aider à trouver des « débouchés » à ceux des stagiaires qui ne trouveraient par leur voie vers la fonction publique.
10.000 stagiaires sont concernés par cette mesure, sachant que seuls 7.000 seront pris dans l’enseignement public. Benkirane, lui, explique que les autres auront pu bénéficier d ‘une formation qui leur permettrait d’aller au privé, qui manque d’enseignants.
L’autre pierre d’achoppement qui augmente les tensions est que le gouvernement insiste sur l’instrumentalisation des jeunes par al Adl wal Ihssane, une affirmation rudement démentie par les concernés.
On attend donc de voir ce que les prochains jours apporteront, les deux parties semblant vouloir aller plus haut dans leurs contestations, plus fort dans leur bras de fer et plus loin dans l’escalade. Qui cédera le premier ?