La candidature d’Ilyas el Omari à la tête du PAM ne fait (vraiment) pas unanimité
Ce weekend prochain se tient le congrès du PAM, et cette fin de semaine, le parti devrait avoir un nouveau secrétaire général, qui devra conduire la formation vers les législatives prévues au 4ème trimestre (on ne connaît pas encore la date avec précision). L’actuel secrétaire-général, sortant, Ilyas el Omari, s’est porté candidat, mais ne fait semble-t-il pas unanimité.
Malin à son habitude, el Omari a lié sa candidature à la non-candidature de l’actuel SG, Mustapha Bakkoury, et de l’ancienne maire de Marrakech, la jeune Fatima-Zahra Mansouri. Mais il est presque certain que le premier ne se représentera pas, car il vient de se voir confier par le roi un travail à plein temps, Masen qu’il dirige étant désormais chargé de toutes les énergies renouvelables. A moins d’un an de la COP22 au Maroc, on peut penser que Bakkoury devra se consacrer exclusivement à son travail. Quant à FZ Mansouri, elle ne paraît pas avoir l’ambition de se porter candidate. Il s’agit donc d’un « coup » d’el Omari pour pousser sa propre candidature.
Mais les « ténors » du PAM ne sont pas franchement enthousiastes de voir Ilyas el Omari à la tête de leur formation. Et ils l’ont dit clairement... Ainsi du président de la Chambre des conseillers Hakim Benchammass qui, affirmant qu’il ne serait pas candidat, a indiqué qu’il verrait bien une femme succéder à Bakkoury... Clin d’œil à Khadija Rouissi, elle aussi non candidate ? On ne le saura pas.
Pour sa part, le premier patron du PAM, Hassan Benaddi a été on ne peut plus clair. « Pour les candidatures d’Ahmed Akhchichène et d’Ilyas el Omari, je souhaite que les deux se consacrent aux régions qu’ils dirigent, respectivement Marrakech-Safi et Tanger-Tétouan-al Hoceima. Pour le cas d’Ilyas el Omari, je rappelle ce qu’a dit de lui un dirigeant du PJD‘s’il est SG, nous n’aurons même pas besoin de faire une campagne électorale ‘... Ilyas el Omari est un homme des coulisses, un homme d’appareil. Il le fait bien et devrait continuer de le faire »...
Enfin, pour l’ancien chef du groupe parlementaire du PAM et actuel vice-président de la Chambre des représentants, Me Abdellatif Ouahbi, « la candidature d’Ilyas el Omari ramène le PAM dans la logique de l’appartenance communautaire, ce qui n’est pas bon pour le parti ». Pour lui, la mise en avant de Mansouri par el Omari consiste à faire de la jeune Marrakchie un simple « lièvre » dans la course au SG.
Benaddi et Ouahbi militent donc pour un maintien en fonction de Mustapha Bakkoury qui, selon eux, est le seul apte à conduire le PAM vers, peut-être, une victoire aux prochaines législatives. Mais Bakkoury, en plus d’être occupé, ne donne pas le sentiment d’ « avoir envie ». Or, pour affronter un PJD en ordre de marche pour les élections, il faut non seulement avoir un dirigeant qui en veuille, mais aussi un dirigeant qui « passe »... et ce n’est ni le cas de Bakkoury ni d’el Omari. Et c’est bien la crise de leaders qui s’annonce encore au PAM.
Réponse, donc, le dimanche 24 janvier au soir...