Enseignants stagiaires - Le gouvernement veut éviter la réédition du cas des étudiants en médecine
Il est toujours difficile pour un Etat ou un gouvernement de devoir faire machine arrière sous la pression de la rue. Le gouvernement Benkirane ne souhaite pas faire exception à cette règle universelle, surtout après qu’il ait dû capituler en rase campagne face aux étudiants en médecine. Il semblerait que les enseignants stagiaires paient le prix de cette défaite d’el Ouardi, et de Benkirane.
Lors de son dernier conseil, le gouvernement a « écouté » l’exposé autour de la situation et de ses développements. Lors d’une récente réunion avec le ministre délégué à l’éducation nationale, Khalid Barjaquai, les syndicats qui avaient demandé cette rencontre avec un membre du gouvernement, avaient proposé de revoir, « exceptionnellement », la réduction de la bourse. Cette mesure, qui avait fait passer les bourses de 2.454 à 1.200 DH, en pluis de la dissociation de la formation du recrutement, avaient mis le feu à la poudre.
Le gouvernement, en conseil donc, a refusé cette proposition, et un ministre a expliqué à PanoraPost qu’il était « exclu d’envisager le recrutement des 3.000 stagiaires sur les 10.000 dont la formation était actuellement assurée. Le gouvernement a décidé d’en embaucher 7.000, et il en restera là ».
Dans l’intervalle, les enseignants stagiaires ont appelé à une marche « nationale » le dimanche 24 janvier, mais le gouvernement, toujours lors de son conseil, a déclaré qu’il ne permettrait aucune marche et ne tolérerait aucune entrave ou entorse à la loi. Le dimanche, pluvieux ou pas, sera donc chaud car les jeunes tiennent à leur manifestation dominicale et ont déclaré leur ferme intention de la mener, quels qu’en soient les risques.
Le gouvernement n’aime pas perdre la face, mais il perdra de sa crédibilité et de son aura en refusant le dialogue.