Le bras de fer gouvernement/enseignants stagiaires se poursuit... et maintenant ?
Trois mois après le début de leur mouvement de contestation, et trois jours après la « réunion de la réconciliation » menée entre le gouvernement et les enseignants stagiaires, il semblerait que ces derniers s’acheminent vers le refus de la solution proposée par le gouvernement. Est-ce le refus de trop ? Les prochains jours le diront... Le gouvernement pourrait prendre une décision inédite.
Samedi 23 janvier, tout le monde avait pensé que la solution avait été – finalement – trouvée, à travers la décision de recrutement en deux phases de tous les stagiaires et la poursuite des discussions sur la réduction de moitié de la bourse, en échange de la reprise des cours. Le lendemain, la manifestation prévue et programmée a bien eu lieu, et le bras de fer avait recommencé, à travers les statistiques de la mobilisation, les manifestants ayant dit être 30.000 et la police ayant avancé le chiffre de 6.000.
Les stagiaires devaient rendre une réponse dans le courant de la semaine aux propositions faites, mais alors que tout le monde pensait l’affaire réglée, l’unanimité ne semble pas être de mise au sein des jeunes enseignants.
On comprend que le gouvernement ne peut aller plus loin que ses propositions de samedi, pour deux raisons... la première est que satisfaction a été, quand même, donnée aux enseignants qui récusent la dissociation entre formation et recrutement, puisque l’exécutif s’est engagé à engager tout le monde, et même à poursuivre les négociations sur les bourses ; la seconde raison est qu’il en va, quand même aussi, de l’autorité de l’Etat. Dans une négociation, on ne peut tout obtenir.
Or, les enseignants veulent enfoncer le clou, estimant que si le gouvernement a reculé, il reculera encore. Mais une autre idée que l’ « année blanche » germe et prend forme au sein du gouvernement... Il s’agit de revoir le concept même d’ « année blanche » et de le remplacer par celui de « non-année ». En effet, selon une source proche du dossier, « une année blanche est une année entamée et non achevée, alors que là, les étudiants n’ont même pas commencé leur année ». Il serait donc question de prendre la décision de déclarer nuls et non avenus les concours passés par les stagiaires, qui leur ont permis d’intégrer les centres de formation. Une décision qui, si elle est effectivement prise, pourrait prendre de cours les concernés.
L’Etat songerait alors à compenser le manque d’enseignants par des titulaires de l’éducation nationale, en procédant à des réaménagements pédagogiques et en leur ouvrant les portes de la formation.
Les jeunes enseignants stagiaires auraient donc tout à y perdre, l’année d’études et l’emploi. A vouloir tout prendre, on risque toujours de tout perdre.