La guerre a déjà commencé entre PAM et PJD, verbalement du moins…
Ilyas el Omari est élu à la tête du PAM depuis moins de 48 heures que, déjà, la guerre des mots commence entre les deux grands partis rivaux que sont le PJD et le PAM. A l’ouverture du congrès, samedi, un échange aigre-doux a eu lieu entre le futur secrétaire général el Omari et le dirigeant PJD et ministre de l’enseignement supérieur Lahcen Daoudi. Un avant-goût de la bataille féroce qui s’annonce pour le 4ème trimestre.
Alors qu’il quittait le congrès du PAM, Daoudi, raccompagné par el Omari, courtois, lui a perfidement lancé : « Nous prions chaque jour le bon Dieu pour qu’il vous guide sur le bon chemin… ». Réponse du tac au tac de l’intéressé : « Il faut croire que votre foi n’est pas au point, car Dieu ne semble pas vous écouter ! »…
Plus sérieusement, et dans une de ses premières déclarations de secrétaire général, Ilyas el Omari a lancé : « Nous allons faire face aux islamistes, et nous allons les affronter pour défendre les musulmans »… Le nouveau patron du PAM affûte déjà ses armes pour contrer le PJD et son discours islamisant… « Nous n’avons aucun problème avec le PJD en tant que parti politique dans le cadre de la loi, mais nous ne saurons accepter la confusion entre la religion et la politique. Les Marocains assimilent, mais ne se laissent pas assimiler, absorbent et ne se laissent pas absorber… Et donc, notre ligne rouge au PAM, ce sont les ennemis de l’islam et de la nation ». Le ton est donné.
Pour sa part, le PJD n’est pas en reste. Fait inédit dans les annales partisanes marocaines, ses dirigeants ont refusé de féliciter el Omari pour son élection… « Nous ne pouvons être faire preuve de courtoisie avec cet homme qui est l’incarnation de l’hégémonisme politique dans ce pays ! »…
Puis, sur le site du PJD, le secrétaire général-adjoint Slimane Elomrani s’est fendu d’un long éditorial, comparant l’élection du PAM à celles « des partis de Ben Ali en Tunisie ou encore de Moubarak en Egypte »… ou « ce parti représente une véritable menace pour la démocratie, les institutions et les choix irréversibles des Marocains »… ou encore « la logique machiavélique dans l’élaboration des cartes électorales »… ou enfin « il faut que ce parti comprenne qu’il doit aller devant les électeurs sans dopage ni intimidation ni menace »…
Et nous en sommes encore à neuf mois des élections. La lutte promet d’être aussi « homérique »que peu esthétique…