Quelles sont les cibles des terroristes au Maroc ?
Le patron du Bureau central pour les investigations judiciaires, ou BCIJ, Abdelhak Khiame, est décidément intarissable… Il enchaîne les sorties médiatiques dans les supports étrangers, mais il faut lui reconnaître qu’il a commencé avec des organes médiatiques marocains. Dans un entretien accordé à l’agence espagnole EFE, il revient sur les menaces de Daech, en Espagne, mais aussi et surtout au Maroc.
Abdelhak Khiame, qui dépend hiérarchiquement du chef de la DST Abdellatif Hammouchi, multiplie ces sorties pour deux raisons : ancrer dans les esprits européens que le Maroc, s’il est une terre d’origine de beaucoup de terroristes potentiels, est aussi le pays le mieux armé pour les combattre et donc aider les pays européens. L’autre raison est d’expliquer que la politique de la tenaille et de la gégène appartient à un passé désormais révolu.
Cela étant, dans cet entretien, Khiame a donné plus d’informations que lors de ses dernières interviews. Ainsi, par exemple, des endroits ciblés par les hommes de l’organisation terroriste dite « Etat islamique », ou Daech : Ce sont les commissariats de police, les représentations diplomatiques occidentales et les sites touristiques, hôtels, restaurants…
Mais il n’y a pas que cela. En effet, les terroristes ayant fait allégeance au calife autoproclamé al-Baghdadi projettent de s’attaquer aux personnes, connues ou non. Dans cette dernière catégorie, on trouve essentiellement les patrouilles de police, sans doute pour les dépouiller de leurs armes, en vue de s’en servir dans des attaques terroristes. Dans la catégorie des gens connus, le groupe « EI » a projeté d’assassiner des personnalités et intellectuels qui n’épousent pas son idéologie. Le chef du BCIJ a également indiqué qu’un chiite marocain avait envisagé de décapiter le dirigeant d’un parti marocain pour des positions jugées contraires à l’islam (vu par Daech…).
Abdelhak Khiame a aussi expliqué, et souhaité, que la France et la Belgique fassent évoluer leurs politiques sécuritaires, suivant ainsi l’exemple de l’Espagne. Dans une phrase où la critique n’est jamais loin, il affirme que les services espagnols, après les attentats à la gare d’Atocha en mars 2014, avaient très vite compris la nécessité d’une coopération étroite avec leurs homologues marocains, mais que la France et la Belgique n’ont ressenti ce besoin qu’après avoir été touchées en plein cœur de leur capitale, pour la France, et avoir failli l’être, pour la Belgique.