Fatima Zahra Mansouri dit ses vérités
L’ancienne maire de Marrakech (2009-2015) et actuelle – et récente – présidente du Conseil national du PAM a fait sa première « grande » sortie médiatique ; c’était à la radio, Med Radio pour plus de précision. Elle répond à des questions d’ordre familial, et surtout politiques.
Questionnée sur sa situation familiale, FZ Mansouri a répondu qu’elle est une femme divorcée, mais elle a insisté que « sa situation matrimoniale n’est pas due à son activité politique ». Elle récuse toutes les questions portant sur son parachutage au PAM, malgré la lourde insistance du journaliste Redouane Rimdani…
« Je suis avocate, j’ai été active dans maints domaines d’activité, je ne me considère pas comme experte et je n’avais pas au départ d’expérience politique. Mais j’ai milité, j’ai osé, je ne me suis pas laissée impressionner, et j’ai fait ce qu’il fallait faire », assène Mme Mansouri, qui rejette aussi être « une femme emportée, irritable et qui pleure sans raison »… Elle a une jolie réponse sur son implication en politique : « Que fait une femme comme vous dans la politique ? ». Réponse : « La question est de savoir ce que font les femmes comme moi en dehors de la politique ! ».
Pourquoi n’avez-vous pas rempilé ? Si votre bilan était bon, vous auriez été réélue à la mairie ? « En 2009, le PAM avait obtenu 17 sièges, et en 2015, 25. C’est un succès, et pour le PJD aussi, mais nous n’avons pas abouti dans nos alliances. Le PJD a obtenu 40 élus sur 96. On aurait pu nous allier avec d’autres partis mais nous avions des conditions (…). Nous avons rejeté les offres du PJD, car ces gens ont eu 40 élus et ils avaient la légitimité de gérer la ville, et nous, nous les contrôlons »…
Sur les raisons de sa démission de la mairie et du parti, FZ Mansouri évoque des dissensions avec Hamid Narjiss (oncle de Fouad Ali el Himma, NDLR), à qui elle reproche son hégémonisme. Mais la direction du parti avait refusé cette démission et l’avait ramené à de meilleurs sentiments.
Et la présidence du Conseil national ? « J’ai été surprise quand on a prononcé mon nom comme dirigeante du PAM. Les uns et les autres ont exprimé leurs opinions et cela dénote d’une vitalité au sein du parti. Mon élection reflète la parité à la tête du parti, qui est le premier à avoir réalisé cela ».
A propos d’Ilyas el Omari, elle refuse catégoriquement le terme d’ « hégémonisme » qui lui colle. « Il n’existe pas d’hégémonisme au sein de notre parti. Cet homme est un leader qui s’est imposé. Il fait ce qu’il a à faire, et les affirmations qui disent qu’il veut se dresser contre le PJD est faux. Il défend un projet moderniste ».
Concernant le PJD, Mme Mansouri demande que le PJD clarifie ses relations avec le Mouvement Unicité et Réforme. « L’un des chefs du MUR avait dit l’année dernière que quiconque lutte contre Daech est non musulman, et nous considérons que certaines déclarations de Benkirane ne sont pas à la hauteur. Il nous atraité de bandits, vous vous rendez compte. et quand il dit que nous devons être dissous, que faire de nos 1140.000 militants ».