Les ménages marocains optimistes sur le plan financier mais pessimistes pour le social
On parle de crise économique au Maroc, mais il se trouve que les ménages marocains gagnent sans cesse en confiance, selon le Haut-commissariat au Plan. En effet, l’indice de confiance des ménages (ISM) a enregistré une hausse de 0,8 point par rapport au troisième trimestre de 2015 et de 5,5 points par rapport au même trimestre de l’année 2014. Pour rappel, il y a 7,1 millions de ménages au Maroc, formés d’une moyenne de 4,7 personnes (recensement de la population, 2014).
Si on considère les composantes de cet indice, on constate que les choses sont passées au vert dans l’esprit des ménages. Ainsi, par exemple, la perception de l’évolution du niveau de vie est en amélioration de 1,3 point par rapport au trimestre précédent et de 2,7 points par rapport au même trimestre de l’année passée. Il en va de même pour les anticipations sur la hausse du chômage, moins de ménages estimant que les chercheurs d’emploi augmenteront encore, mais ils sont encore majoritairement persuadés que le moment n’est toujours pas venu d’acheter des biens durables.
Pour la perception de leur situation financière, les ménages sont également plus optimistes. Ainsi, explique le HCP, « au quatrième trimestre de 2015, 61,5% des ménages considèrent que leurs revenus couvrent leurs dépenses, 32,1% d’entre eux déclarent s’endetter ou puiser dans leur épargne et 6,4% affirment pouvoir épargner une partie de leur revenu. Le solde de l’indicateur relatif à la situation financière actuelle des ménages s’inscrit en recul de 0,6 point par rapport au trimestre précédent mais en croissance de 4,9 points par rapport au même trimestre de 2014 ». Cela étant, ils sont 84,6% des ménages à estimer ne pas pouvoir épargner au cours des 12 prochains mois contre 15,4% qui pensent pouvoir le faire.
Quant à la perception de la conjoncture par les ménages, elle n’est pas au mieux. En effet, pour la situation des droits de l’Homme en 2015, près de 60% des ménages pensent qu’elle s’est améliorée, 25,5% d’entre eux considèrent qu’elle a stagné et 12,6% estiment qu’elle aurait régressée. Il en va de même pour la qualité des services administratifs ; plus de Marocains pensent qu’elle s’est dégradée et moins affirment qu’elle se serait améliorée. Quant aux services de l’éducation et de la santé publique, il y a le sentiment général d’une détérioration par rapport à l’année d’avant.
Perception de l'évolution de la qualité de quelques prestations administratives et sociales, de la situation des droits de l'Homme et de l'environnement (source HCP)
|
Indicateur |
2014 |
2015 |
||||||
|
Amélioration |
Stagnation |
Dégradation |
Solde |
Amélioration |
Stagnation |
Dégradation |
Solde |
|
|
Evolution de la situation des droits de l'Homme |
60,7 |
29,7 |
9,6 |
51,1 |
59,9 |
27,5 |
12,6 |
47,4 |
|
Evolution de la qualité des prestations administratives |
55,5 |
29,6 |
14,9 |
40,6 |
53,6 |
27,6 |
18,8 |
34,8 |
|
Evolution de la protection de l'environnement |
43,2 |
41,1 |
15,7 |
27,5 |
42,6 |
39,7 |
17,7 |
24,9 |
|
Evolution de la qualité des services d'e l’enseignement |
35,8 |
36,7 |
27,5 |
8,3 |
30,3 |
34,3 |
35,4 |
-5,2 |
|
Evolution de la qualité des services de santé |
19,1 |
38,4 |
42,5 |
-23,4 |
15,0 |
33,6 |
51,4 |
-36,4 |