Vidéo - Benkirane au parlement : « C’est quand il y a la justice et l’équité que Dieu nous comble de ses bienfaits ! »
Alors qu’il intervenait à la Chambre des représentants cette semaine, le chef du gouvernement Abdelilah Benkirane a répondu aux questions sur les mesures anti-sécheresse. Il a déroulé le programme du gouvernement, ordonné par ailleurs par le roi, mais s’est laissé aller à une envolée oratoire dont il a le secret pour se positionner dans le monde rural.
Il ne faut, surtout, pas oublier que nous sommes en pleine année électorale, et Benkirane ne l’oublie manifestement pas. Il n’oublie pas non plus que le PJD est bien implanté dans les villes mais qu’il reste absent des campagnes. Alors, après avoir donné les chiffres et parlé des milliards de DH qui seront déversés dans les campagnes, il a « caressé dans le sens du poil » les populations rurales.
« Les ruraux ont besoin de deux choses, qu’on leur donne le poisson et qu’on leur apprenne aussi à la pêcher. Ils le méritent. Soyons clairs. Les citadins, d’une façon générale, et les puissants de ce pays ont pris leur lot, mais les gens de la campagne, nous les avons négligés car ils ne savent pas manifester ni faire des marches et des grèves de la faim. Nous devons donc nous intéresser à la campagne, et nous devons aider la campagne ! ».
Le chef du gouvernement a rappelé que « quand je suis arrivé ici, j’avais dit qu’il fallait accorder des aides directes aux familles, et j’ai eu droit à une violente levée de boucliers. On me reprochait de vouloir distribuer des rentes, et on me demandait comment allais-je faire pour faire parvenir ces aides à ceux qui en ont besoin… »… Il a ajouté que « le gouvernement actuel et le prochain, quel qu’il soit, pourront aider les petits agriculteurs, même s’il n’y a pas de sécheresse, et ce n’est pas un abus, ils le méritent ! C’est là une manière de faire preuve de justice et d’équité et c’est avec la justice et l’équité que Dieu nous comble de ses bienfaits et qu’il fait pleuvoir ! ».
Et il enfonce le clou… « N’allez surtout pas penser que j’ai renoncé à l’idée de l’aide directe… dans cette affaire, nous luttons encore avec… avec qui vous savez, et chaque chose vient en son temps, si Dieu le veut »… Puis il s’adresse au député istiqlalien Noureddine Mediane en lui lançant « je préfère me taire… il aurait fallu que vous restiez avec nous dans l’arène »…
Ainsi, et sur fond de sécheresse, le chef du gouvernement se rappelle qu’il est aussi le chef du PJD, et que le monde rural est à conquérir si son parti veut s’assurer le maintien au gouvernement. Benkirane l’a dit clairement dans une autre partie de son discours : « On ne sait pas qui sera aux commandes dans un an… peut-être même que ce sera nous… ».
La campagne électorale est donc lancée, avec un avantage pour Abdelilah Benkirane chef du gouvernement avec toute la visibilité et l’audience que sa fonction lui confère.