Frontières Maroc-Algérie : les appels à l’ouverture viennent aussi d’Alger
« Il faut ouvrir les frontières pour renforcer nos capacités. Ceux qui s'opposent à l'ouverture de la frontière sont ceux qui profitent de cette situation d'isolement », a déclaré Mohcine Belabbas, président du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD) en Algérie. Un appel à l’ouverture des frontières entre le Maroc et l’Algérie lancé depuis Alger, lors d'un meeting populaire animé à l'occasion du 27ème anniversaire de la création du parti RCD. Cette déclaration fait écho à celle du Quartet tunisien pour le dialogue national.
Ces derniers, prix Nobel de la Paix en 2015, ont appelé voici quelques semaines à Bruxelles à la réouverture des frontières entre le Maroc et l'Algérie.
Fermées suite à l’attentat de l’hôtel Asni à Marrakech, perpétrés par deux ressortissants d’origine franco-algérienne en 1994, ces frontières demeurent bouclées à ce jour. Le Maroc avait décidé d’imposer des visas au Algériens et en réponse, l’Algérie avait fermé ces frontières.
Mais l’enjeu est désormais tout autre. Il est aujourd'hui économique.
« Stimuler la compétitivité », voici un des arguments avancés par Mohcine Belabbas. Le président du RCD espère donc donner l’impulsion pour la création d’un ensemble nord-africain.
Un appel qui prend tout son sens lorsqu’on regarde les chiffres. A en croire les estimations de la Banque mondiale, la non-construction d’une réelle union maghrébine fait perdre des milliards de dollars chaque année. De son côté, la Commission économique de l’Afrique estime que la création d’une telle union pourrait faire gagner à chacun des pays qui la composent 5% de leurs PIB cumulés.
Rappelons que la classe politique marocaine, menée par le roi Mohammed VI, a de tous temps appelé à la réouverture de ces frontières, et même le gouvernement Benkirane, à ses débuts, avait essayé d’en convaincre les Algériens. Las…
EL