Le Maestro est mort ! Ahidous et la scène artistique marocaine en deuil
Une légende est partie… le Maestro est mort… Ses gestes inoubliables, sa chorégraphie majestueuse, sa célèbre cape noire, sa manière de diriger ses troupes de danseurs et sa légendaire agilité… tout cela est fini. Aujourd’hui, Moha Oulhoussein Achiban, a rendu l’âme ce vendredi matin, entouré des siens, dans son village aux environs de Khenifra. Un siècle juste après sa naissance.
Il avait porté son art au firmament et a été le plus bel et le meilleur ambassadeur de la culture marocaine en général et d’Ahidous en particulier. Il a voyagé partout dans le monde, volant de scène en scène, sourire figé et geste droit, et ferme. C’est le président américain Ronald Reagan qui lui avait attribué ce titre de Maestro, quand il l’avait vu se produire sur la scène de Disney World, aux U.S.A, lors d’une tournée artistique dans laquelle « l’Aigle de l’Atlas » avait gagné l’admiration des Américains et conquis leur cœur.
Né en 1916 selon sa carte de combattant délivrée par l’Office des anciens combattants et victimes de guerre, celui qui n’était encore que Moha Oulhoussein a combattu dans les rangs de l’armée française lors de la Seconde guerre mondiale. Il n’avait pas été démobilisé et était rentré au Maroc, toujours avec le statut de soldat français. Mais il avait été révoqué quand il avait refusé de tirer sur des gens sortant d’une mosquée à Casablanca à la fin des années 40.
Il avait alors rejoint son village natal de la région de Khenifra, où il s’était adonné à ce qui allait devenir sa passion, l’Ahidous, cet art populaire du spectacle qui caractérise la région du Moyen Atlas depuis des siècles. Il était devenu de plus en plus connu, puis avait acquis sa notoriété au début des années 70, à mi-vie.
Cet immense artiste a résumé à lui seul le Maroc, riche de son patrimoine artistique, diversifié par sa géographie et ses composantes culturelles. En dépit de sa notoriété mondiale, le Maestro vivait toujours, avec les siens dans son village éloigné de l’Atlas. Où il est mort aujourd’hui.
L’année 2016 sera celle de la disparition des icônes de la culture. Fatema Mernissi, puis Tayeb Seddiki, et aujourd’hui Moha Oulhoussein…
Adieu, Maestro !