Quand l’ONCF largue ses passagers à 2 kilomètres de Casa-Port, directement sur les rails !!
On savait l’ONCF très approximatif depuis quelques mois, pour être gentil, en matière d’horaires… on le découvre aujourd’hui mettant en péril direct la sécurité, voire la vie, de ses passagers. Le train qui a quitté Rabat-Ville ce jeudi à 17 heures pour rallier Casa-Port une heure après environ (rien n‘est vraiment sûr avec l’Office)…n’est jamais arrivé à sa destination. Que s’est-il donc passé ?
Selon les explications du chef de gare, qui a bien voulu répondre aux familles, parents et amis inquiets et très énervés, le train navette qui reliait Casa-Port à l’aéroport est tombé en panne à l’entrée de la gare. Cela arrive, et cela occasionne des retards des autres trains arrivant de Rabat-Kenitra.
Mais l’ONCF est aussi rétif à donner des informations à ses passagers qu’à être un peu sérieux en matière d’horaires. Les passagers sont donc restés 20 minutes dans leurs voitures, à hauteur du lieudit Porte 4. D’information de l’ONCF, point… de contrôleurs ou agents ONCF, encore moins… Las, les voyageurs ont commencé à s’énerver et dans une voiture, un homme a pu ouvrir la porte en triturant son système… puis, là, miracle, les portes de toutes les autres voitures se sont ouvertes, actionnées certainement par le conducteur du train… et les passagers ont enfin pu descendre de leurs voitures… mais directement sur les rails.
Rien de grave, il n’y avait que deux malheureux kilomètres à parcourir à pied pour arriver à la gare Casa-Port où les familles, proches, chauffeurs et amis s’impatientaient sans information ni attention aucune. Une jeune fille témoigne : « J’avais ma valise, lourde, et j’ai voulu aider une femme âgée qui marchait sur les rails, mais je n’ai malheureusement pas pu. Un homme est venu prêter assistance à la dame, mais aucun contrôleur à l’horizon ».
Une mère attendait son fils qui arrivait lui aussi dans le même train : « J’ai demandé ce qui se passait à un agent ONCF qui était là, scrutant l’horizon pour apercevoir le train. A ma question étonnée de voir les passagers commencer à arriver à pied, il m’a dit que c’était là une erreur du conducteur du train qui n’aurait jamais dû ouvrir les portes, exposant les voyageurs au danger »… Puisque c’est lui qui le dit.
Qui pourrait penser que l’ONCF pourrait, penserait, oserait ainsi larguer ses passagers sur les rails, avec tous les dangers que cela représentait pour eux ? Mais le chef du train a dû certainement songer qu’il n’y avait aucun danger puisqu’aucun autre train ne pouvait arriver en sens inverse…
A ce niveau de légèreté et d’irresponsabilité, ce n’est plus l’opinion publique qui devrait s’émouvoir, mais le parquet !!
Aziz Boucetta