Echec de la réunion de Benkirane avec les enseignants stagiaires

Echec de la réunion de Benkirane avec les enseignants stagiaires

Ce devait être la rencontre de la dernière chance, une sorte de rencontre « au sommet » entre le chef du gouvernement et les représentants de la Coordination des enseignants stagiaires. Mais la réunion a échoué, tant sur la forme que dans le fonds. Initialement prévue à la présidence du gouvernement, et donc revêtant un caractère officiel et solennel au sein des bâtiments de l’instance suprême du gouvernement, la rencontre s’est finalement tenue au domicile. Mais cela ne s’est pas fait dans la facilité...

Selon Abderrahmane Cherifi, membre de la Coordination, les enseignants ont d’abord refusé de se déplacer au domicile du chef du gouvernement, car ils attendaient et ils exigeaient une réunion officielle, dans un cadre officiel, et pas au domicile de Benkirane « pour y entendre les discours fleuris et les belles promesses autour d’un verre de thé… ».  C’est un coup de fil de la présidence du gouvernement qui a avisé les jeunes du changement du lieu de rendez-vous, ce qu’ils n’ont pas apprécié, dans la forme et dans le fonds. Mais  en fin d’après-midi, et après plusieurs  concertations, les enseignants ont finalement accepté d’aller, avec deux heures de retard,  au quartier des Orangers où réside le chef du gouvernement pour ne pas plus tard accusés de refuser ce qu’il avait à leur dire. Benkirane est ainsi resté à les attendre, chez lui, de 17 heures à 19 heures, en compagnie de ses conseillers (photo).

Les  questions de forme ont continué au démarrage de la rencontre…. Qui a pris l’initiative de cette réunion ? Benkirane dit que ce sont les enseignants et ces derniers récusent, insistant sur le fait que c’est le chef du gouvernement qui a tenu à les rencontrer. La version de Benkirane est soulignée dans la relation faite par son conseiller Abdelhaq el Arabi.

Sur le fond pas de discours mielleux… les représentants des enseignants stagiaires, au nombre de 4 et non les 7 initialement prévus – une manière d’exprimer leur mécontentement – , ont trouvé un chef du gouvernement droit dans ses bottes, tenant à la proposition faite lors des réunions successives à la wilaya de Rabat, à savoir l’embauche en deux vagues des 10.000 stagiaires, la première courant l’été 2016 et la seconde au début de l’année 2017. «  A quoi servirait-il de recruter des enseignants en milieu d’année ? », s’interroge un jeune enseignant, qui ajoute « c’est parce que cette proposition est inconsidérée et illogique que nous n’avons pas confiance… ».

Sur le reste, Benkirane persiste et signe. Deux vagues, et rien d’autre, et maintien des deux fameux décrets. Il a ajouté cette curieuse remarque de veiller personnellement au respect de l’accord sur la seconde vague, même s’il n’est plus en responsabilité. Pas vraiment la meilleure manière de susciter la confiance de ses visiteurs… Selon l’un des participants à cette rencontre, le chef du gouvernement a expliqué qu’il tenait à son serment de maintenir les deux décrets objets de la colère des stagiaires (dissociation de la formation et du recrutement et baisse de moitié de la bourse).

Abdelilah Benkirane a quand même laissé une porte ouverte, en l’occurrence celle de la justice. Il a suggéré lors de la rencontre à ses interlocuteurs de recourir au tribunal administratif pour contester les deux décrets. En effet, ces textes n’ont été publiés au Bulletin officiel qu’après la signature de l’engagement des enseignants à suivre leur formation.  Benkirane a affirmé aux stagiaires qu’il respecterait la décision de la justice, mais en appel, ce qui indique deux choses : qu’il envisage de perdre en 1ère instance, et que, ensuite, il veut laisser du temps au temps, oubliant les menaces d’année blanche, que son ministre de l’Education nationale Rachid Belmokhtar, avait clairement écartée voici une dizaine de jours.

Le bras de fer continue, le boycott des cours aussi.



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