Le maire de Rabat, sa mise en réforme médicale et la version du PJD

Le maire de Rabat, sa mise en réforme médicale et la version du PJD

Une polémique enflait ces dernières semaines sur la santé défaillante du maire PJD de Rabat, Mohamed Sadiki. C’est le groupe du PAM au Conseil de la Ville de Casablanca qui avait le premier sorti cette affaire. Le concerné, pour sa part, avait démenti, mais plusieurs documents attestent qu’il avait lui-même demandé sa « mise en réforme » pour raisons de santé à son ancien employeur, la Redal.

Le maire de Rabat serait-il donc « réformé » ? Beaucoup de choses et leur contraire ont été affirmées depuis deux semaines, Mohamed Sadiki ayant lui-même expliqué qu’il n’avait jamais visité un cabinet psychiatrique. Fort bien, mais est-il réformé pour une autre déficience ? Oui, à en croire ce document mis en ligne par le site Barlamane.com où Sadiki écrit au directeur de la Redal en date du 9 avril 2012 pour lui demander « de bien vouloir accepter (son) départ en réforme, à partir du 1er juin 2012 ;, pour raisons de santé ».  Le 23 mai suivant, un autre document, à en-tête de la Redal, « médecine du travail, RH) », atteste que « suite à la demande écrite de notre agent, la commission médicale certifie que l’état de santé de M. Sadiki justifie sa mise à la réforme ».

PanoraPost a interrogé le premier vice-président du Conseil de la Ville de Rabat, Lahcen Omrani, qui a affirmé que ces documents sont authentiques, mais que cela ne justifie pas pour autant la bronca lancée contre le maire de la ville. « M. Sadiki souffrait de tension artérielle à cette époque et il avait fait valoir ses droits à une retraite anticipée, pour raison médicale. Il n’y a donc pas de déficience mentale ainsi que l’avaient affirmé les gens du PAM au Conseil de la Ville, pas plus qu’il n’y a d’indemnité de départ à la retraite d’un million de DH ».

Pour l’élu PJD au conseil de la capitale, tout cela relève de manœuvres politiciennes, le PAM ayant décidé de bloquer les travaux des sessions, et il a réussi dans son entreprise. « Bousculer un élu est une chose inacceptable, et ce jour-là, le 19 février, j’étais dans la salle du conseil et c’est moi qui ai demandé au maire de se retirer car il était menacé dans son intégrité physique ». Omrani poursuit donc la séance et fait passer le point litigieux, en l’occurrence le budget des arrondissements.

« Quand les élus du PAM ont annoncé qu’ils se retiraient du Conseil, j’ai personnellement estimé qu’il s’agissait là d’une position politique éminemment respectable »… une façon de dire que l’utilisation des données personnelles de Sadiki ne l’était pas. Surtout que le million de DH d’indemnité s’est avéré être seulement un peu plus que 300.000 DH « pour 28 ans de services à des postes de responsabilité », insiste Omrani.

Maintenant, la question est de savoir comment un homme ayant demandé sa réforme pour raison de santé a pu accéder à la première fonction élue de la capitale. « Il ne le savait pas, et cela n’était pas à l’ordre du jour lors de la campagne électorale », explique son premier adjoint. Il n’en demeure pas moins que deux fautes majeures ont été commises au sein du PJD :

1/ De la part de la direction : Présenter et faire élire un homme à la tête de la ville sans s’assurer de son passé, de sa santé et de sa disposition et capacité à gérer la ville ;

2/ De la part de Mohamed Sadiki : Taire sa mise en réforme pour raison de santé quand il a appris et accepté, qu’il serait maire de Rabat, et insister sur le fait qu’il n’a pas de déficience mentale mais passer sous silence qu’il est réformé pour raison cardiologique.

Le PAM a-t-il raison de s’engager dans cette bataille personnelle ? C’est la règle du jeu politique, comme cela se passe partout dans le monde entre deux partis rivaux (France, USA, Italie, Belgique…). Le PAM a peut-être été trop vite en parlant de « handicap mental » et d’avoir fait circuler cette information, mais le PJD et le maire Sadiki ont fait de la rétention d’information. Et on remarquera le silence assourdissant de Benkirane à propos de cette affaire…

La campagne pour les élections du 7 octobre semble avoir déjà commencé dans la capitale du royaume, en attendant les autres.



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