Malika Malak s’en est allée…
La journaliste et animatrice de télévision Malika Malak est décédée cette nuit à Rabat, après un long combat contre la maladie. Elle avait présenté plusieurs émissions et faisait partie du cercle très étroit des journalistes télévision qui auront marqué le paysage médiatique du pays.
Malika Malak était diplômée de la faculté de droit de Rabat et avait également obtenu un diplôme de science politique à l’université de Montréal. Puis elle était revenue au pays pour participer à l’aventure de 2M, à la fin des années 80 début 90.
Son émission phare, « fil wajiha » (à la Une) avait vu défiler sur le plateau tous les personnages de la vie politique et intellectuelle du Maroc, dont les plus emblématiques resteront à n’en point douter Abdallah Laroui et Mhamed Boucetta. C’est celui-ci, selon plusieurs témoignages, qui avait attiré sur Malika Malak l’ire de l’ancien ministre et tout-puissant ministre de l’Intérieur Driss Basri. En effet, celui qui était alors secrétaire général de l’Istiqlal avait évoqué le roi Hassan II en termes jugés pas assez déférents et surtout, il avait sorti sa fameuse petite phrase, en direct à la télé : « les élections de Driss Basri sont travaillées ». Cela ne se disait pas, à l’époque…
L’émission était le passage obligé pour tous les personnages importants du pays et leur assurait une audience importante en direct et un grand suivi après.
La défunte avait été victime d’une affligeante erreur médicale lors d’une opération chirurgicale intervenue au mois de décembre 2015. Les chirurgiens et leurs équipes d’une clinique de Rabat avaient tout simplement oublié des compresses dans le corps de Malika Malak, découvertes plus tard à l’hôpital militaire de la capitale. Cela avait défrayé la chronique et suscité un immense émoi auprès des internautes, et le roi Mohammed VI avait personnellement pris en charge ses frais de soins, l’envoyant en France y poursuivre son traitement.
De retour à Rabat, elle avait été admise au même hôpital militaire, où elle s’est éteinte cette nuit.
Nos condoléances à sa fille Zaïna, à laquelle sa mère avait dédié voici moins d’un mois ce message poignant sur sa page Facebook :
« Maman dis :
Que faire pour te rendre ton sourire ?
Je l'ai prise entre mes bras et j'ai pleuré en disant, c'est toi mon sourire ma fille.
C'est vrai qu'il est parti et je ne le retrouve plus.
Mes traits ont tellement changé en son absence et je me demande si demain, mon enfant verra ma joie.
Pardon à toi mon unique enfant...!!
Te faire subir ce drame à ton âge...!! Qui aurait cru, moi qui t'aime au-dessus de tout.
Un âge où tu a besoin de vivre de joie et de bonheur ».