L’ONU réagit aux accusations du Maroc sur la partialité de Ban Ki-moon, et les rejette
Les choses vont vite entre Rabat et l’ONU… La semaine dernière, le Secrétaire général Ban Ki-moon était en tournée dans la région du Maghreb, et il a visité Tindouf et Alger. Mardi 8 mars, le Maroc dénonce violemment ce qu’il considère comme étant une position partiale du SG de l’ONU, et le lendemain, ce dernier réagit par la voix de son porte-parole.
Pour Farhan Haq, en effet, « le Secrétaire général estime que lui et les Nations unies sont des partenaires neutres sur ce dossier. M. Ban Ki-moon a fait tout ce qu'il pouvait pour résoudre la situation au Sahara occidental, qui dure depuis un certain temps ». La même source ajoute que « le SG voulait s'assurer que dans la dernière année de son mandat, cette problématique figure vraiment à l'agenda international (car) il s’est déclaré profondément attristé par cette tragédie humanitaire ».
Mais cette position de l’ONU ne sera pas suffisante pour apaiser les Marocains car le SG en a trop dit, ou pas assez, et assez confusément. En effet, il a affirmé avoir demandé à son Envoyé personnel Christopher Ross dans la région de reprendre les pourparlers avec les deux parties que sont le Maroc et le Polisario alors que l’Algérie est aussi partie prenante… sinon pourquoi est-il allé à Alger ? Ensuite, il a parlé du référendum mais sans parler du recensement de la population qui y serait soumise, une opération de tous temps refusée par Alger, non indiquée pourtant comme partie prenante dans ce conflit.
Ensuite, le chef de l’ONU a expliqué que Rabat et le Polisario « n'ont fait aucun progrès réel dans les négociations devant aboutir à une solution juste et acceptable par tous, fondée sur l'autodétermination du peuple du Sahara occidental ». Or, on ne peut dans la même phrase dire « une solution juste et acceptable par tous », et évoquer le référendum, rejeté par Rabat qui avait soumis son plan d’autonomie dans le cadre de la souveraineté marocaine, sachant en plus que le roi du Maroc avait insisté le 6 novembre 2015 sur le fait que « le Maroc ne pouvait faire plus de concessions qu’il n’en avait déjà faites ».
Le Maroc avait dénoncé mardi 8 mars les « dérapages verbaux » du SG de l’ONU qui avait employé le terme « occupé » pour désigner le Sahara, et Rabat avait aussi critiqué le déplacement du diplomate international dans la zone tampon de Bir Lahlou.
Le torchon brûle donc entre Rabat et New York, à un mois de l’examen de la question du renouvellement du mandat de la Minurso pour un an.