Le roi a rencontré le tsar à Moscou (vidéo)

Le roi a rencontré le tsar à Moscou (vidéo)

Et finalement, les deux hommes se sont réunis, 14 ans après leur première rencontre, au Kremlin.  Une visite officielle très prometteuse, tant sur le plan diplomatique qu’au niveau économique et/ou institutionnel. Les détails.

C’était en 2002 et les deux chefs d’Etat étaient encore relativement nouveaux dans leurs fonctions respectives. Le monde était bien différent d’aujourd’hui et la menace terroriste, bien que réelle, un an après le 11 septembre, était loin de revêtir l’aspect qu’elle affiche aujourd’hui. A cette époque-là, la Russie sortait d’une longue phase de marasme et le Maroc se cherchait encore après la mort d’Hassan II et l’arrivée sur le trône d’un roi jeune qui voulait démarrer son pays, mais ne savait pas encore comment…

Aujourd’hui, la Russie a retrouvé sa place de superpuissance, du moins sur le plan géopolitique, elle a annexé la Crimée, et elle se positionne dans une sorte de contrepoids à l’Occident. Le Maroc, pour sa part,  a démarré son développement, a changé de constitution, s’est installé dans sa démocratie tout jeune et a repris une diplomatie offensive et multiforme.

En filigrane de la rencontre au sommet Russie-Maroc, la crise syrienne et la menace Daech qui va avec, la position du Maroc sur l’échiquier arabe et musulman, la « question de l’Occident » pour les deux pays, l’un étant menacé dans son pré carré européen, et l’autre étant gêné dans la reconnaissance de son intégrité territoriale, les deux se rejoignant pour entériner l’idée que, finalement, il n’y pas que les USA ou l’Europe dans le monde, mais que d’autres alliances peuvent être nouées, de préférence avec des gens de principe, comme Poutine, qui est prêt à déclencher une guerre s’il le faut pour ses idées. Et il l’a d’ailleurs fait en Ukraine.

C’est de tout cela que les deux chefs d’Etat auront parlé, en plusieurs temps… Le président russe pensant que le Maroc était une excellente entrée pour la Russie en Afrique et Mohammed VI estimant qu’avec un tel allié, on pourrait avoir moins de problèmes au Sahara.

1/ Rencontre entre Poutine Mohammed VI, avec leurs conseillers

Dans un décorum rappelant l’ancienne Russie tsariste et le protocole lourd mais plaisant qui va avec, les deux chefs d’Etat sont entrés dans la salle de réception de deux portes différentes, salués par deux militaires de tailles interminables, tournant la tête en fonction de l’avancée des deux hommes.

Puis, dans un mouvement croisé et un peu confus, les collaborateurs de chacun ont salué l’autre, avant que tout le monde prenne place et que Mohammed VI et Poutine échangent des discours de convenance, le roi Mohammed VI ayant choisi de parler en français. Il faut savoir que cette langue a très longtemps été tenue pour langue de l’aristocratie et des lettrés russes, sous le régime tsariste ; les Russes gardent une certaine nostalgie de la langue française, et c’est sans doute pour cela que Mohammed VI a préféré s’exprimer ainsi.

On notera que les deux collaborateurs retenus par le roi étaient ses deux conseillers Taïeb Fassi Fihri et Fouad Ali el Himma, alors que Poutine, en plus de son conseiller diplomatique Iouri Ouchakov, avait à ses côtés son ministre des Affaires étrangères Serguei Lavrov. Mohammed VI a excusé l’absence de son chef de la diplomatie, parti en mission à New York, a-t-il détaillé… On sait pourquoi.

2/ Partenariat stratégique entre Moscou et Rabat

Une « Déclaration sur le partenariat stratégique approfondi entre la Fédération de Russie et le Royaume du Maroc » a été signée et rendue publique ce 15 mars. Elle revient en grande partie sur la question du Sahara. On y lit, en substance, que les Russes tiennent « dûment » compte de la position du Maroc concernant le règlement de la question du Sahara marocain.

La Russie « prend note » également des projets socio-économiques lancés par le Maroc dans les provinces du Sud visant le développement de cette région et de l'amélioration des conditions de vie de sa population.

Par ailleurs, dans cette Déclaration, il est mentionné que les deux pays  ne sont animés d’aucune volonté d’accélérer ou de précipiter la conduite du processus politique ni d’intention de sortir des paramètres déjà définis dans les résolutions actuelles du Conseil de sécurité de l’ONU.

3/ Conventions et accords

On peut dire que les relations entre Moscou et Rabat vont démarrer, cette fois, sur les chapeaux de roue. En effet, 7 conventions ont été signées et 6 mémorandums aussi.

Les conventions :

Convention 1,  portant sur l’extradition ;

Convention 2, concernant les services aériens ;

Convention 3, qui est un accord de coopération dans les domaines de la protection de l'environnement et de l'utilisation rationnelle des ressources naturelles ;

Convention 4, réglementant  la coopération dans les domaines de la protection de l'environnement et de l'utilisation rationnelle des ressources naturelles ;

Convention 5, relative à la promotion et la protection réciproques des investissements ;

Convention 6, portant sur la protection mutuelle des informations classifiées dans le domaine militaire et militaro-technique ;

Convention 7, enfin, en forme de déclaration maroco-russe sur la lutte contre le terrorisme international.

Les mémorandums :

Mémorandum 1, sur la coopération dans le domaine de l'énergie ;

Mémorandum 2  portant sur la coopération dans le domaine de la recherche géologique et de l'exploration du sous-sol ;

Mémorandum 3 détaillant la coopération dans le domaine phytosanitaire des végétaux et produits végétaux

Mémorandum 4 sur la surveillance vétérinaire ;

Mémorandum 5 portant sur  la coopération entre le ministère des Habous et des Affaires islamiques et l'Organisation religieuse centrale, ou Conseil de la Choura des Muftis de Russie) ;

Mémorandum ­6 détaillant le programme d'actions communes pour les années 2016-2018 dans le domaine du tourisme.



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