Brutale et inédite escalade verbale et juridique du Maroc contre Ban Ki-moon et… l’ONU (vidéo)

Brutale et inédite escalade verbale et juridique du Maroc contre Ban Ki-moon et… l’ONU (vidéo)

Les choses vont vraiment mal entre Rabat et l’Organisation des Nations unies, et plus particulièrement avec son secrétaire général Ban Ki-moon… Après les propos controversés de ce dernier à Tindouf, après la marche imposante de Rabat dimanche dernier, après la réaction énervée de Ban Ki-moon contre le Maroc, exprimée au ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar à New York, le Maroc durcit son bras de fer contre le patron de l’ONU et prend des dispositions aussi  inédites que brutales et graves.

Ainsi, un communiqué des Affaires étrangères nous apprend qu’avant la réaction virulente du SG des Nations unies, qui avait exprimé son « étonnement » face à la déclaration du gouvernement marocain et sa « colère » suite à la manifestation de Rabat dirigée contre lui, Mezouar et lui s’étaient réunis, puis accordés sur un certain nombre d’engagements, qui n’ont pas été respectés par le Sud-Coréen. L'entretien a été d'une rare froideur entre les deux diplomates, apparus les visages tendus et crispés, les sourires rapidement escamotés.

Mezouar lui avait remis lundi 14 mars un courrier officiel de protestation du gouvernement du Maroc, dans lequel le SG de l’ONU était fermement appelé à ne plus se départir de son obligatoire neutralité. Le communiqué va plus loin, mentionnant qu’ « il a été rappelé en particulier à M. Ban Ki Moon que le terme « occupation » utilisé pour qualifier la présence du Maroc dans son Sahara est une ineptie juridique et une erreur politique grave ». Les mots sont encore plus tranchants !

Mais le département de Mezouar relève qu’ensuite, et « au lieu de respecter les engagements exprimés lors de cette réunion, le communiqué publié par le secrétariat général rajoute à l’offense initiale, un nouvel outrage au peuple marocain qui n’avait fait qu’exprimer spontanément son rejet face à tant de dérapages et d’irresponsabilités ». Le ministère s’interroge et s’étonne de la réaction outragée du SG face au « droit légitime et démocratique d’un peuple et de ses forces vives, à exprimer librement ses opinions et ses réactions », et dénonce la réduction de « l’Organisation des Nations Unies à l’affect personnel du secrétaire général » ?  

Aussi, ajoute le communiqué, dans une escalade aussi brutale qu’inattendue, le gouvernement du Maroc a pris les dispositions suivantes :

« 1/ Une réduction significative, dans les jours qui viennent, d’une grande partie de la composante civile et plus particulièrement le segment politique de la Minurso ;

2/ L'annulation de la contribution volontaire qu’accorde le Maroc au fonctionnement de la Minurso ;

3/ L’examen des modalités de retrait des contingents marocains engagés dans les Opérations de Maintien de la Paix ».

Ainsi, c’est la présence même de la Minurso sur le sol marocain qui est mise en cause. Le Maroc demande fermement à l’ONU de s’en aller, en annulant sa contribution volontaire à son fonctionnement, et en réduisant significativement les effectifs de la Mission.

Plus grave est cette décision d’examiner le retrait du Maroc des Opérations de maintien de la paix, sachant que le Maroc est présent entre autres en Côte-d’Ivoire et en République centrafricaine et que son armée a depuis 50 ans été présente dans les rangs des casques bleus un peu partout dans le monde.

La position du Maroc intervient concomitamment à la Déclaration stratégique entre Moscou et Rabat, signée par les chefs d’Etat des deux pays, et dans laquelle il est stipulé que « la Fédération de Russie soutient les efforts du Conseil de Sécurité et de  l'Envoyé Personnel du Secrétaire Général des Nations Unies, Christopher ROSS,  en vue de parvenir à une solution politique mutuellement acceptable au problème  du Sahara Occidental, dans l'intérêt des populations et conformément aux  principes et objectifs de la Charte des Nations Unies. La Fédération de Russie  tient dûment compte de la position du Royaume du Maroc concernant le règlement de ce problème. La Fédération de Russie et le Royaume du Maroc ne soutiennent  aucune tentation d'accélération ou de précipitation dans la conduite du  processus politique, ni aucune sortie des paramètres déjà définis dans les  résolutions actuelles du Conseil de sécurité. La Fédération de Russie prend  note des projets socio-économiques dans le but du développement du territoire  et de l'amélioration des conditions de vie des populations qui y vivent ». 

Cette réaction radicale de Rabat devra conduire les autres membres du Conseil de Sécurité à se positionner, et nul doute que cela sera fait dans le sens de la conciliation entre Rabat et le SG de l’ONU, ce qui serait une victoire pour Rabat dans son bras de fer contre Ban Ki-moon, lequel s’est effectivement départi de sa neutralité lors de sa visite en Algérie et à Tindouf, et qui a bousculé l’équilibre précaire au Maghreb que les grandes puissances mondiales œuvrent à préserver.

Et tout cela intervient un mois du début de l’examen du renouvellement du mandat de la Minurso, fin avril à New York. Le Maroc, en général, déploie ses efforts dans le sens de cette reconduction, mais cette année, il est probable que Rabat demandera la fin de la Mission. Si le Maroc parvient à convaincre les autres membres du Conseil de Sécurité autres que la Russie de ses efforts en matière de projets socio-économiques et de plein-emploi, c’est toutes les conditions du conflit du Sahara qui risqueraient d’être bouleversées.

 



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