Crise Rabat/Ban Ki-moon - Le Conseil de Sécurité de l’ONU appelle au calme, les USA ambigus
Le Conseil de Sécurité de l’ONU s’est réuni jeudi 17 mars, à huis clos, pour examiner la situation suite à la brutale et violente escalade entre Rabat et le SG Ban Ki-moon. On retiendra de cette réunion qu’il n’y a pas eu de soutien public du CS pour son SG, de même que le même Conseil n’a pas enjoint au Maroc de revenir sur ses mesures diplomatiques et financières, irrévocables selon le ministre marocain des affaires étrangères Salaheddine Mezouar.
Ainsi, s’exprimant à l’issue de la réunion, l’ambassadeur angolais et président du Conseil Ismael Gaspar Martins a usé du terme « malentendu », puis expliqué que « le Conseil s’est déclaré très inquiet » et que chaque membre prendra contact, individuellement, avec Rabat pour œuvrer à « stabiliser la situation » et de « la faire évoluer de manière positive ». Cela étant, plusieurs pays ont pris le parti du Maroc, à l’instar de la France, l’Espagne, l’Egypte, le Japon et le Sénégal, relève l’AFP.
Cependant, l’ONU constate que suite à la décision de Rabat de suspendre sa contribution volontaire de 3 millions de dollars à la Minurso et de demander le départ des personnels politiques de la Mission onusienne (84 sur 88), « une décision sans précédent » selon l’Américain Jeffrey Feltman, haut fonctionnaire de l’ONU, « il devenait difficile pour la Minurso de poursuivre son action ».
Feltman occupe la fonction de SG-adjoint aux affaires politiques. Il a été le seul à user de termes virils contre Rabat… « Si la mission est empêchée de fonctionner, cela pourrait menacer la paix et la sécurité régionales », ou encore « une telle expulsion de la plus grande partie d'une mission de l'ONU était sans précédent », ou enfin en souhaitant « un retour à une relation normale » avec Rabat, insistant sur le fait que « l’ONU et le Maroc avaient des vues fondamentalement différentes pour le règlement de ce conflit ».
Les Etats-Unis, rappelons-le, ne figurent pas parmi les pays qui ont marqué leur soutien à Rabat, comme la France ou l’Espagne l’Egypte ou le Sénégal… Les Etats-Unis attirent toujours vers eux le Royaume-Uni, mais le roi Mohammed VI vient d’avoir le soutien de la Russie lors de sa visite à Moscou ; or, on notera également que le représentant russe n’a pas marqué clairement son appui à la position du Maroc.
Le bras de fer s’annonce donc serré entre Ban Ki-moon et le Maroc.